11 janvier 2026

la cheffe d’orchestre américaine, eve queler, a 95 ans aujourd’hui

 



 

Le 11 janvier 1931, il y a 95 ans aujourd’hui, naissait à New York, la cheffe d’orchestre Eve Queler.

 

Eve Queler est reconnue pour un ensemble de qualités musicales et humaines qui expliquent son importance dans le monde de l’opéra, en particulier à New York. Elle est réputée pour la précision de son travail sur la partition, le respect du texte musical et des intentions des compositeurs. Son savoir couvre un vaste champ, allant du bel canto à Wagner, en passant par l’opéra français et slave. Elle sait soutenir les chanteurs sans jamais les couvrir, ce qui est essentiel dans l’opéra, surtout en version de concert. Sa gestique est lisible et efficace, permettant à l’orchestre et aux solistes de travailler dans un climat de confiance. Elle a défendu de nombreux opéras rares ou négligés, révélant des œuvres injustement oubliées. Même sans mise en scène, elle parvient à donner une forte tension dramatique aux œuvres qu’elle dirige. Elle maintient des standards élevés, tout en adaptant son travail aux moyens disponibles.

 

Fonder et diriger pendant des décennies l’Opera Orchestra of New York témoigne d’une détermination exceptionnelle. Elle a contribué au lancement ou au développement de nombreuses carrières de chanteurs. Son leadership repose davantage sur la compétence et la conviction que sur l’autoritarisme. Elle a ouvert la voie à d’autres femmes cheffes d’orchestre dans un milieu longtemps dominé par les hommes. Eve Queler se distingue par son sérieux musical, son engagement pour le répertoire lyrique, son sens du drame et son rôle de passeuse, autant pour les œuvres que pour les artistes. Elle incarne une figure majeure de la direction d’orchestre opératique au XX et au début du XXI siècle.

 



Giacomo Puccini, Edgar Introduction acte III

 

Opera Orchestra of New York

Eve Queler, conductor

 

Live 1977

 



Giacomo Puccini, Madama Butterfly

 

Donata D'Annunzio Lombardi, soprano

Eve Queler, conductor

 

Festival Puccini, Torre del lago 2011

 



Spontini - La Vestale

 

Renata Scotto, soprano

Opera Orchestra of New York

Eve Queler, conductor

 

Carnegie Hall 9 December 1975

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Eve_Queler

10 janvier 2026

le chef d’orchestre français, jean martinon, aurait 116 ans aujourd’hui

 


 

Le 10 janvier 1910, il y a 116 ans aujourd’hui, naissait à Lyon, le chef d’orchestre français, Jean Martinon.

 

Jean Martinon (1910-1976) était un chef d’orchestre et compositeur français reconnu internationalement pour son style musical, sa personnalité artistique et ses grandes qualités humaines et professionnelles. Il se distinguait par une approche lyrique plus raffinée et intérieure que beaucoup de ses contemporains. Ses interprétations privilégiaient la musicalité profonde plutôt que l’effet spectaculaire. Il avait un sens très développé de l’équilibre orchestral, de la couleur et de la dynamique, ce qui rendait ses versions de Debussy, Ravel ou Saint-Saëns particulièrement évocatrices. Il était connu pour son travail minutieux et exigeant avec les musiciens. Il poussait à une profondeur d’expression et à une rigueur qui révélaient les intentions artistiques de chaque œuvre. Cette exigence se ressentait tant dans les répétitions que dans les enregistrements, souvent salués pour leur clarté et leur cohésion.

 

Grâce à sa formation complète (violon, composition et direction), il possédait une vision musicale globale, ce qui l’aida à aborder des répertoires très variés : du classique français au contemporain. Il a également dirigé de nombreux orchestres prestigieux dans le monde (Londres, Chicago, Israël, Düsseldorf, etc.), ce qui témoigne de son souci de la diversité musicale et de l’adaptation à différents ensembles. En plus de son travail de chef, Martinon fut un compositeur prolifique (opéra, symphonies, concertos, musique de chambre), enrichissant sa compréhension des œuvres qu’il dirigeait. Il apportait une sensibilité personnelle, mêlant rigueur structurelle et expressivité émotionnelle, ce qui faisait de ses concerts des expériences musicales marquantes. On retient aussi chez lui une dimension humaine forte : un regard profond sur la musique comme moyen d’expression de l’esprit et de l’âme, et un engagement envers la musique française et internationale. 

 

Jean Martinon se distinguait par son lyrisme intérieur, sa précision, sa culture musicale étendue, son exigence artistique et sa sensibilité humaine, ce qui fait de lui l’un des chefs d’orchestre français les plus respectés du XX siècle. 

 



Gustav Mahler: Symphony No.1

 

Japan Philharmonic Symphony Orchestra

Jaen Martinon, conductor

 

24.11.1970

 



Giuseppe Verdi MESSA DA REQUIEM

 

Martina Arroyo, Sopran

Oralia Dominguez, Mezzosopran

Aldo Bottion, Tenor

Nicola Ghiuselev, Bass

 

Choeurs de l'ORTF

Orchestre national de l'ORTF

Jean Martinon, direction

 

Paris, 12 June 1969

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Martinon

09 janvier 2026

la soprano (mezzo précédemment) allemande, waltraud meier, a 70 ans aujourd’hui

 



 

Le 9 janvier 2026, il y a 70 ans aujourd’hui, naissait à Wurtzbourg, la soprano (précédemment mezzo) allemande, Waltraud Meier.

 

Waltraud Meier est unanimement admirée pour un ensemble de qualités qui vont bien au-delà de la seule beauté vocale. Elle est avant tout une chanteuse-actrice hors pair. Chaque rôle est pensé psychologiquement : elle incarne ses personnages (Kundry, Isolde, Brangäne, Didon, Ortrud…) avec une intensité rare. Sa présence scénique est magnétique, même dans l’immobilité. Sa diction allemande est exemplaire, souvent citée comme modèle. Elle donne un sens précis à chaque mot, chaque inflexion, ce qui est crucial dans Wagner et Strauss. Elle sait faire entendre le texte sans jamais sacrifier la ligne musicale.

 

Son timbre est sombre, ambré, hérité de son passé de mezzo-soprano. Sa voix très expressive, est capable de passer de la sensualité à la violence dramatique. Elle possède un excellent legato et une grande maîtrise des demi-teintes. Sa projection efficace est sans dureté, même dans les climats orchestraux wagnériens. Elle a abordé le répertoire de soprano dramatique avec intelligence, sans forcer la voix. Son Isolde, par exemple, n’est pas fondée sur la puissance brute, mais sur la tension expressive et la narration musicale. Cette évolution lui a permis d’apporter une profondeur inhabituelle aux rôles de soprano.

 

Elle a une grande exigence envers elle-même et envers les chefs, avec un refus de l’esbroufe - tout est au service de l’œuvre - et une collaboration marquante avec des chefs comme Barenboim, Boulez, Levine. Waltraud Meier est admirée moins comme une « voix spectaculaire » que comme une interprète totale, où intelligence, vérité dramatique et musicalité s’unissent. C’est pour cela qu’elle est souvent considérée comme l’une des plus grandes artistes lyriques de la fin du XX siècle et du début du XXI.

 



Richard Wagner - Tristan & Isolde - Liebestod - Waltraud Meier

 



Waltraud Meier's singing the final scene of Tristan und Isolde filmed in 1995 at the Bayreuth Festival Opera House

 

Daniel Baremboim, conductor

 



WAGNER - Isolde's Liebestod (Waltraud Meier - Daniel Barenboim + West-Eatern Divan)

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Waltraud_Meier

08 janvier 2026

la basse soviétique, ievgeny nesterenko, aurait 88 ans aujourd’hui

 



 

Le 8 janvier 1938, il y a 88 ans aujourd’hui, naissait à Moscou, la basse soviétique, Ievgeny Nesterenko.

 

Yevgeny (ou Ievgueni/Ievgeny) Nesterenko (1938-2021) est considéré comme l’une des plus grandes basses russes du XX siècle, et ses qualités vocales et artistiques font consensus parmi critiques, musicologues et amateurs d’opéra. Sa voix de basse est puissante, profonde et très riche en timbre, caractéristique de la grande tradition des basses russes. Cela lui permet de projeter des registres graves avec une solidité impressionnante tout en conservant une belle présence dans le medium et l’aigu. Il possédait une large amplitude vocale avec une égalité de timbre remarquable sur toute la tessiture, ce qui signifie qu’il n’y a pas de ruptures évidentes entre les registres graves et les notes plus hautes — un signe de grande maîtrise technique. Contrairement à certaines basses très massives mais peu nuancées, Nesterenko savait combiner puissance et subtilité, donnant à ses interprétations une expressivité rare (nuances, phrasing, intensité dramatique). 

 

Son jeu vocal et sa présence scénique étaient salués pour leur authenticité dramatique : par exemple, sa prestation dans Boris Godounov de Mussorgski — rôle emblématique — est souvent citée comme exemplaire pour sa profondeur émotionnelle et stylistique. Il a chanté un répertoire très vaste — plus de 80 rôles dans 21 opéras différents, souvent dans la langue originale — allant du répertoire russe à l’italien et au français. Outre l’opéra, Nesterenko se distinguait dans l’interprétation de mélodies et de pièces contemporaines (notamment des œuvres de Chostakovitch et Sviridov), montrant une écoute musicale et un sens du style fins. Il s’est produit sur les plus grandes scènes mondiales — Bolchoï, Metropolitan Opera, La Scala, Staatsoper de Vienne, Royal Opera House — ce qui témoigne de son rayonnement international et de la reconnaissance de ses qualités. 

 

Après sa carrière scénique, il fut professeur renommé de chant et auteur d’ouvrages sur la technique vocale, soulignant sa compréhension profonde de l’art du chant. Nesterenko combinait une voix naturellement impressionnante (puissance, profondeur, richesse), une grande technique vocale (amplitude, égalité de timbre, agilité) et une sensibilité artistique exceptionnelle, ce qui l’a fait distinguer parmi les basses les plus admirées du XX siècle.

 



Evgeny Nesterenko sings first monologue from Boris Godunov by Modeste Mussorgsky.

 



YEVGENI NESTERENKO - RUSSIAN BASS - ELLA GIAMMAI M'AMÓ FROM VERDI'S DON CARLO

 



Mussorgsky's Song of the flea

 

Evgeny Nesterenko (bass)

Vladimir Krainev (piano)

 

Moscow Conservatoire, 1986

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ievgueni_Nesterenko

06 janvier 2026

le baryton-basse français, andré pernet, aurait 132 ans aujourd’hui

 



 

Le 6 janvier 1874, il y a 132 ans aujourd’hui, naissait à Rambervilliers, le baryton-basse, André Pernet.

 

André Pernet (1894–1966) est considéré comme l’un des grands barytons-basses français du XX siècle. Sa voix est ample et sombre, avec un grave solide typique de la baryton-basse, mais aussi un aigu bien projeté. Son timbre, noble et homogène, est immédiatement reconnaissable. Sa grande clarté d’émission, sans dureté, même dans les passages dramatiques et son excellente maîtrise du souffle, lui permettent de longues phrases chantées avec autorité.

 

Chez André Pernet chaque mot est intelligible, ce qui en fait une référence pour l’opéra français. Il est héritier de la grande tradition lyrique française, jamais excessif, même dans les rôles les plus sombres. Il incarne avec crédibilité les figures d’autorité, les pères, les rois ou les personnages tragiques, sans cabotinage, avec une intensité intérieure très efficace. Il a brillé notamment dans Méphistophélès (Faust, Gounod), Golaud (Pelléas et Mélisande, Debussy), Don Basilio (Le Barbier de Séville), Arkel (Pelléas) et dans les rôles majeurs de Massenet, Gounod, Berlioz, mais aussi Mozart et Verdi (en français).

 

Ses enregistrements historiques sont encore étudiés pour la prononciation, le style et l’équilibre vocal. Il est souvent cité comme modèle de baryton-basse français, au même titre que Vanni-Marcoux ou Martial Singher.

 



André Pernet - Boris Godounov - Scène du carillon

 

Odéon 123 723

 



Le barbier de Séville, Act I: "Air de la Calomnie" (Basilio) (French Version)

 

André Pernet: Basse de l'opéra

 

1961

 



André Pernet , bass-baritone (HQ) 1946. Sintille Diamant.

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Pernet

05 janvier 2026

le mozart du matin • concerto pour basson en mi bémol majeur k.191

 


 


Wolfgang Amadeus Mozart - Bassoon concerto B-Flat major, K.191

Allegro

Andante ma Adagio

Rondo. Tempo di Minuetto

 

Katrin Lazar, Solo Basson & Barocksolisten München

 

Shunske Sato, Violine I

Fani Vovoni, Violine II

Raquel Massadas, Viola

Bianca Riesner, Violoncello

Christine Sticher, Kontrabass

Anne Marie Dragosits, Orgel

Andreas Helm, Oboe I

Georg Fritz, Oboe II

Christoph Gapp, Horn I

Klaus Dengg, Horn II

 

MUSIK SOMMER PUSTERTAL 29.08.2018 Stiftskirche, Innichen

 


 

28 décembre 2025

la mezzo-soprano française, béatrice urla-monzon, aurait 62 ans aujourd’hui

 



 

Le 28 décembre 1963, il y a 62 ans aujourd’hui, naissait à Agen, la mezzo-soprano française, Béatrice Urla-Monzon.

 

Béatrice Uria-Monzon (1963-2025) a été l’une des grandes mezzo-sopranos françaises de la fin du XX et du début du XXI siècle, admirée pour l’intensité dramatique de ses incarnations et la noblesse de son chant. Son timbre profond, cuivré, immédiatement reconnaissable est grave solide et expressif, aigu franc et projeté. Sa voix large est capable de remplir de grandes salles sans dureté.

 

Elle a été une artiste profondément tragédienne avec un engagement émotionnel total, sans jamais tomber dans l’excès et la capacité à faire ressentir la douleur, la passion, la fatalité. Sa présence scénique forte, magnétique au jeu sobre mais habité, au service du personnage, donne une crédibilité dramatique dans les rôles les plus sombres et complexes. Sa diction française remarquable prend grande attention à la déclamation, à l’intelligibilité des mots avec un sens aigu du théâtre musical, particulièrement dans l’opéra français

 

Elle possèdait une grande conscience de la structure musicale avec le respect des styles (Carmen, mais aussi Verdi, Wagner, musique française) et a la capacité à faire évoluer son répertoire intelligemment au fil du temps. Son interprétation de Carmen est devenue emblématique, Carmen tragique, farouche, humaine, loin du cliché folklorique dans une fusion rare entre voix, texte, théâtre et psychologie du personnage. Elle a été présente sur les plus grandes scènes (Paris, New York, Vienne, Milan…) avec un répertoire étendu : Bizet, Verdi (Amneris), Wagner (Kundry), Berlioz, Saint-Saëns… Béatrice Uria-Monzon a été  une mezzo-soprano de caractère, dotée d’une voix puissante et d’une intelligence dramatique rare. Elle a incarné l’opéra comme un théâtre de la vérité, avec une intensité et une sincérité qui marquent durablement le public.

 



Georges Bizet, Carmen

Mise en scène, Alfredo Arias

 

Béatrice Urla-Monzon, Carmen

Sergeï Larin, Don José

Norah Amsellem, Micaéla

Gino Quilico, Escamillo

Zuniga, Frank Ferrari

Moralès, LeRoy Villanueva

Mercédès, Doris Lamprecht

Frasquita, Juanita Lascarro

Le Dancaïre, Franck Leguerinel

Le Remendado, Georges Gautier

Lillas Pastia, Maurice Antoni

 

Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Paris

Frédéric Chaslin, direction

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Béatrice_Uria-Monzon