25 janvier 2026

le chef d’orchestre allemand, wilhelm furtwängler, aurait 140 ans aujourd’hui

 



 

Le 25 janvier 1886, il y a 140 ans aujourd’hui, naissait à Berlin, le chef d’orchestre allemand, Wilhelm Furtwängler.

 

Wilhelm Furtwängler (1886–1954) est considéré comme l’un des plus grands chefs d’orchestre du XX siècle, surtout dans le répertoire germanique. Ses qualités étaient à la fois musicales, intellectuelles et spirituelles. Il ne dirigeait pas « à la mesure », mais au souffle. Il concevait la musique comme un organisme vivant, en perpétuelle transformation. Les tempos étaient flexibles, parfois très libres, mais toujours au service de la tension dramatique. Il excellait dans la gestion du temps musical, donnant l’impression que la musique « se crée » sous nos yeux. Ses interprétations sont célèbres pour leur puissance émotionnelle, parfois quasi métaphysique. Il recherchait la profondeur tragique, notamment chez Beethoven, Brahms, Bruckner et Wagner. Même dans les passages calmes, il maintenait une tension intérieure très forte.

 

Furtwängler était aussi compositeur et penseur. Il voyait la musique comme une expression spirituelle, pas comme une simple exécution fidèle du texte. Il se méfiait du « perfectionnisme mécanique » et de la rigidité métronomique. Sans être un technicien gestuel très précis, il inspirait une adhésion totale des musiciens. Les orchestres (Berlin Philharmoniker, Vienne, etc.) jouaient pour lui avec un engagement exceptionnel. Son autorité venait de sa vision plus que de la discipline. Il était maître dans les formes longues : symphonies de Beethoven (surtout la 9), Bruckner, Tristan, Parsifal. Il savait bâtir des arcs dramatiques immenses, donnant un sentiment de fatalité et de nécessité.

 

Son choix de rester en Allemagne sous le régime nazi a terni son image, bien que son cas soit complexe et débattu. Musicalement, il reste une référence absolue (liberté, profondeur, vision intérieure), souvent opposée à Arturo Toscanini (clarté, précision, fidélité stricte au texte). Furtwängler était un chef-poète, habité par une conception presque mystique de la musique, capable de transformer une partition en expérience existentielle.``

 



Richard Wagner Tannhäuser - Ouvertüre

 

Wiener Philharmoniker

Wilhelm Furtwängler, conductor

 

Studio recording, Vienna, 2 & 3.XII.1952

 



Ludwig van Beethoven Symphony No. 5 in C minor, Op. 67

00:00 1. Allegro con brio 08:07 2. Andante con moto 19:18 3. Allegro. atacca 25:07 4. Allegro - Presto

 

Berlin Philharmonic Orchestra

Wilhelm Furtwängler, conductor

 



Ludwig van Beethoven, Symphonie n°9

 

Elisabeth Schwarzkopf, soprano

Elisabeth Höngen, alto

Hans Hopf, tenor

Otto Edelmann, bass

 

Bayreuth Festival Orchestra,

Wilhelm Furtwangler, conductor

 

Recorded live* on July 29. 1951

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Furtwängler

21 janvier 2026

première de la symphonie n°3 « premier mai » de dmitri chostakovitch, il y a 96 ans aujourd’hui

 



 

Le 21 janvier 1930, il y a 96 ans aujourd’hui, était créée à Lenigrad, la Symphonie n°3 en mi bémol majeur op20, de Dmitri Chostakovitch.

 

La Symphonie n°3 en mi bémol majeur, op. 20 de Dmitri Chostakovitch (1929), souvent appelée « Le Premier Mai », possède des qualités marquées qui tiennent autant à son audace musicale qu’à son contexte historique et idéologique. Elle  est écrite en un seul mouvement continu, ce qui rompt avec la forme symphonique classique en plusieurs mouvements. La construction est évolutive, presque cinématographique : elle progresse par blocs contrastés plutôt que par développement thématique traditionnel. Cette forme libre donne une impression de mouvement collectif, adaptée à l’idée de masse et de célébration populaire. Chostakovitch fait preuve d’une maîtrise orchestrale exceptionnelle, surtout pour un compositeur d’à peine 23 ans. L’orchestration est très colorée (cuivres éclatants, bois incisifs), fortement rythmée, parfois volontairement brutale ou sarcastique. Les contrastes dynamiques sont frappants, allant de passages mystérieux à des explosions sonores quasi martiales. Le rythme est un moteur essentiel de l’œuvre. On y trouve des marches, des motifs répétitifs, une pulsation collective évoquant le travail, la foule, la mobilisation. Cette énergie donne à la symphonie un caractère direct, physique, presque militant. Le final fait intervenir un chœur, qui chante un texte célébrant le Premier Mai (fête internationale des travailleurs). Cette fusion entre symphonie et cantate est novatrice. Même si le texte peut sembler daté idéologiquement, l’effet musical reste impressionnant et théâtral.

 

La symphonie reflète une époque où le compositeur est encore libre, provocateur et moderniste, avant les contraintes du réalisme socialiste. On y perçoit de l’ironie, une certaine ambiguïté expressive, un enthousiasme qui peut être sincère ou subtilement distancié (débat fréquent chez les musicologues). Elle témoigne de l’effervescence artistique de l’URSS des années 1920. Elle illustre la tentative de créer une musique symphonique nouvelle, tournée vers le peuple et l’actualité politique. À ce titre, elle est essentielle pour comprendre l’évolution ultérieure du style de Chostakovitch. Même si elle est moins jouée que d’autres symphonies de Chostakovitch, elle reste une œuvre audacieuse, stimulante et révélatrice de son génie précoce.

 



Symphony No. 3 in E-flat major (subtitled First of May), Op. 20 by Dmitri Shostakovich

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Academy Capella Choir

Mariinsky Orchestra

Valery Gergiev, conductor

 



Dmitri Shostakovich: Symphony No. 3, Op. 20 "The First of May"

0:07 - Beginning 8:56 - Rehearsal 37 15:30 - Rehearsal 49 - Lento 17:56 - Rehearsal 52 - Allegro 29:18 - Rehearsal 98 - Moderato (entrance of the choir)

 

Azusa Pacific University Symphony Orchestra and Oratorio Choir

Christopher Russell, conductor

 

Recorded November 7, 2014 at the Haugh Performing Arts Center, Glendora, CA

 

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_3_de_Chostakovitch

19 janvier 2026

première de la symphonie n°38 « prague » de wolfgang amadeus mozart, il y a 239 ans aujourd’hui



 

Le 19 janvier 1787, il y a 239 ans aujourd’hui, était créé à Prague, la Symphonie n°38 « Prague », de Wolfgang Amadeus Mozart.

 

La Symphonie n°38 en ré majeur, K. 504, dite « Prague », de Wolfgang Amadeus Mozart se distingue par sa structure en trois mouvements (sans menuet), choix original et audacieux. Le premier mouvement comporte une longue introduction lente, très travaillée, qui crée une forte tension dramatique. L’ensemble est construit avec une logique et un équilibre remarquables. Les bois jouent un rôle essentiel, dialoguant constamment avec les cordes. L’écriture orchestrale est claire, élégante et expressive, avec de beaux contrastes sonores. Mozart exploite pleinement les couleurs de l’orchestre classique.

 

La symphonie présente une intensité dramatique inhabituelle, notamment dans le premier mouvement. L’influence de l’opéra est perceptible : les thèmes sont chantants et très expressifs. Les modulations et contrastes renforcent la tension et l’émotion. Le Andante central est lyrique, tendre et profond. Le Presto final est vif, brillant et plein d’énergie. Chaque mouvement possède une identité forte, tout en conservant une unité d’ensemble. La Symphonie « Prague » est une œuvre majeure de par sa profondeur expressive, son orchestration soignée, son sens dramatique proche de l’opéra et sa grande maturité stylistique. Elle annonce les grandes symphonies de la fin de la vie de Mozart et témoigne de son génie à son apogée.

 



Wolfgang Amadeus Mozart - Symphony No. 38 in D major „Prague” K.504 0:22

I. Adagio-Allegro 13:22 II. Andante 20:54 III. Finale Presto

 

Czech Philharmonic Orchestra

Manfred Honeck - conductor

 

2006

 



Wolfgang Amadeus Mozart Symphony n°38 K.504 "Prague"

I. Adagio - Allegro 0:00 II. Andante 13:13 III. Finale. Presto 21:19

 

Philharmonia Orchestra

Otto Klemperer, conductor

 

tudio recording, London, 20, 23 & 24.VII.1956

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_38_de_Mozart

 

18 janvier 2026

première du concerto pour violon d’édouard lalo, il y a 152 ans aujourd’hui

 


 

Le 18 janvier 1874, il y a 152 ans aujourd’hui, était créé à Paris, le Concerto pour violon d’Edouard Lalo.

 

Le Concerto pour violon en fa majeur d’Édouard Lalo (1874) est apprécié pour sa virtuosité élégante (traits rapides, doubles cordes, passages en hauteur), son écriture chantante, qui permet au soliste d’exprimer une grande variété de couleurs, son équilibre réussi entre technicité et musicalité. Il se distingue par des mélodies lyriques et mémorables, un caractère souvent passionné, parfois dramatique, des contrastes expressifs marqués entre énergie, tendresse et intensité. L’orchestre n’est pas un simple accompagnateur. il dialogue activement avec le soliste, les timbres sont variés et bien exploités, l’orchestration contribue à créer une atmosphère chaleureuse et parfois exotique.

 

Comme dans sa Symphonie espagnole, Lalo intègre des rythmes et accents hispanisants et une vitalité rythmique qui donne du caractère et de l’originalité à l’œuvre. Le concerto respecte la forme classique en trois mouvements, tout en restant souple et vivant, avec une construction solide qui maintient l’intérêt de l’auditeur. Il séduit par sa brillance, son expressivité, son sens de la couleur et son équilibre entre tradition et originalité. C’est une œuvre à la fois accessible et raffinée, très appréciée des violonistes comme du public.

 



Edouard Lalo, Violin Concerto in F major, Op. 20 (1873) Dedication: à son ami Pablo de Sarasate

1. Andante — Allegro (0:00) 2. Andantino (16:00) 3. Allegro con fuoco (21:58)

 

Woo Hyung Kim, violin

Orchestre Philharmonique Royal de Liège

Conductor, Jean-Jacques Kantorow

 

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Woo Hyung Kim, violin and the Orchestre Philharmonique Royal de Liège conducted by Jean-Jacques Kantorow

16 janvier 2026

première de la sonate pour deux pianos et percussions de bela bartok, il y a 88 ans aujourd’hui

 



 

Le 16 janvier 1938, il y a 88 ans aujourd’hui, était créée à Bâle, la Sonate pour deux pianos et percussions de Bela Bartok.

 

La Sonate pour deux pianos et percussions de Béla Bartók (1937) est considérée comme l’une de ses œuvres majeures. Ses qualités tiennent à la fois à l’originalité de l’effectif, à la richesse rythmique et à la force expressive. Bartók traite les percussions comme de véritables instruments mélodiques, pas seulement rythmiques. Le dialogue entre deux pianos et xylophone, timbales, cymbales et grosse caisse crée des couleurs sonores inédites et très équilibrées. Le rythme est au cœur de l’œuvre : superpositions complexes, asymétries, pulsations inspirées des danses populaires d’Europe centrale et balkanique. Cette énergie rythmique donne à la sonate une vitalité presque primitive.

 

Malgré la modernité du langage, la structure reste très lisible. 1er mouvement : forme sonate rigoureuse. 2e mouvement : lent, mystérieux, nocturne (typique du style de Bartók), 3e mouvement : vif et dansant. Bartók réussit à concilier modernité et clarté classique. L’œuvre explore une large palette d’ambiances : tension et violence, mystère nocturne, joie rythmique presque sauvage. Les contrastes sont puissants sans jamais être gratuits. Bartók intègre des éléments du folklore (modes, rythmes, cellules mélodiques) sans citation directe, les transformant en un langage personnel et moderne. Chaque instrument est mis en valeur :virtuosité pianistique, précision percussive, véritables échanges thématiques. L’ensemble fonctionne comme une conversation musicale parfaitement équilibrée. Cette sonate est remarquable par son audace sonore, sa puissance rythmique, son équilibre formel et sa force expressive.

 



Bela Bartok - Sonata for Two Pianos and Percussion, Sz. 110, BB 115 (1937)

 

Sir Georg Solti & Murray Perahia, pianos

Dame Evelyn Glennie and David Corkhill, percussion

 



Bela Bartok - Sonata for Two Pianos and Percussion, Sz. 110, BB 115 (1937)

 

Yael Keret & Assaff Weisman, Pianos

Dan Moshayev and Amir Lavie, Percussion

 

Live performance at Elma Arts Center, Israel. June, 2018

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonate_pour_deux_pianos_et_percussion

15 janvier 2026

première du ballet de piotr ilitch tchaïkovski, « la belle au bois dormant »


 


 

Le 15 janvier 1890, il y a 136 ans aujourd’hui, était créé au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, le ballet « La Belle au bois dormant », musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

 

Le ballet La Belle au bois dormant (1890), sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, est considéré comme l’un des sommets du ballet classique. Ses qualités sont à la fois musicales, chorégraphiques, dramatiques et esthétiques. Tchaïkovski traite la musique de ballet avec l’ampleur et la profondeur d’une symphonie. Chaque personnage et chaque situation possède une identité musicale claire. La musique soutient parfaitement le mouvement sans jamais perdre sa force émotionnelle avec danses de caractère, passages féeriques, moments majestueux (notamment les scènes de cour).

 

La chorégraphie originale de Marius Petipa met en valeur la technique classique (pointes, équilibres, lignes pures). Le ballet est un modèle de précision, de symétrie et de clarté. Le rôle d’Aurore, en particulier, est un véritable défi technique et artistique pour la danseuse.

 

L’histoire est lisible, structurée et bien soutenue par la musique qui symbolise l’opposition entre le bien et le mal (Aurore / Carabosse), le passage de l’enfance à la maturité. Le merveilleux est omniprésent, renforcé par la musique et la mise en scène. Les décors et costumes fastueux sont inspirés de la cour de Louis XIV. Le ballet est une référence incontournable pour les grandes compagnies du monde entier  il a fixé les canons du ballet classique et continue d’inspirer chorégraphes et compositeurs.

 

La Belle au bois dormant se distingue par l’alliance parfaite entre musique, danse et conte, offrant une œuvre d’une grande noblesse, d’une beauté raffinée et d’une exigence artistique exceptionnelle. C’est un ballet à la fois technique, poétique et intemporel.

 



“La Belle au bois dormant” P.Tchaikovsky/M.Petipa/I.Vsevolozhsky (1890) Mariinsky Theater - S.Vikhar

 

Music by Pyotr Tchaikovsky

Choreography by Marius Petipa (1890)

Libretto by Ivan Vsevolozhsky and Marius Petipa, after tales by Charles Perrault

 

(revival of the 1890 production)

 

Set design by Heinrich Levogt, Mikhail Bocharov, Ivan Andreev, Konstantin Ivanov and Matvei Shishkov

 

Musical Director: Valery Gergiev

Choreography staged by Sergei Vikharev

 

Marius Petipa´s choreographic text was restored using Nikolai Sergeyev´s notation from the Harvard Theatre Collection.

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_au_bois_dormant_(ballet)

14 janvier 2026

première du concerto (pour piano) en sol de maurice ravel

 



 

Le 14 janvier 1932, était créé à Paris, le Concerto en sol (concerto pour piano) de Maurice Ravel.

 

Le Concerto pour piano en sol majeur de Maurice Ravel (composé entre 1929 et 1931) est une œuvre emblématique du XX siècle, à la fois brillante, ironique et profondément raffinée. Ravel s’inspire du jazz américain qu’il découvre lors de sa tournée aux États-Unis (1928). On y trouve des rythmes syncopés, des blue notes, des harmonies proches du blues. Le fouet (slapstick) au début du premier mouvement donne une couleur jazz et cabaret très marquée. Ravel ne copie pas le jazz : il l’intègre à son propre langage classique.

 

L’orchestre est léger et transparent, à l’opposé du romantisme massif, avec l’utilisation originale des bois, du cor anglais, de la petite clarinette, et du piano traité souvent comme un instrument percussif. Le ton est parfois sarcastique, ludique, presque mécanique et la forme classique… détournée. L’œuvre comporte trois mouvements, comme un concerto classique, mais chacun est très personnel : Allegramente, énergie rythmique extrême, influences jazz et basques, virtuosité éclatante mais jamais démonstrative ; Adagio assai : célèbre mélodie du piano, d’une simplicité presque mozartienne à l’écriture très contrôlée - Ravel disait avoir composé cette mélodie note par note, avec difficulté - et l’atmosphère suspendue, rêveuse, presque irréelle ; Presto : mouvement bref et explosif, humour, vitesse, esprit de caricature, finale brillant et acéré. On y trouve un refus du pathos et de l’emphase émotionnelle avec un piano qui n’est pas un « héros tragique » mais un acteur vif, ironique, parfois insolent. Ravel disait vouloir un concerto « joyeux et brillant », pas profond au sens romantique. Son esthétique néoclassique très française impose clarté, élégance, précision extrême - héritage de Mozart et Saint-Saëns, filtré par une modernité rythmique et harmonique - avec un sens aigu de la mesure et du détail sonore.

 



Maurice Ravel, Concerto en sol

00:00 - I. Allegramente 07:30 - II. Adagio assai 16:16 - III. Presto

 

Marguerite Long, piano

Orchestre symphonique

Maurice Ravel, direction

 

14 janvier 1932

 



Maurice Ravel, Concerto en sol

I. Allegramente 00:00 II. Adagio assai 08:33 III. Presto 17:23

 

Yuja Wang, piano

Orchestre de Paris

Klaus Mäkelä, direction

 

Live recording: 4/10/2023 | Philharmonie de Paris.

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Concerto_en_sol_de_Ravel