Le 19 janvier 1787, il y a 239
ans aujourd’hui, était créé à Prague, la Symphonie n°38 « Prague »,
de Wolfgang Amadeus Mozart.
La Symphonie
n°38 en ré majeur, K. 504, dite « Prague », de Wolfgang Amadeus
Mozart se distingue par sa structure en trois mouvements (sans menuet),
choix original et audacieux. Le premier mouvement comporte une longue
introduction lente, très travaillée, qui crée une forte tension dramatique. L’ensemble
est construit avec une logique et un équilibre remarquables. Les bois jouent un
rôle essentiel, dialoguant constamment avec les cordes. L’écriture orchestrale
est claire, élégante et expressive, avec de beaux contrastes sonores. Mozart
exploite pleinement les couleurs de l’orchestre classique.
La symphonie
présente une intensité dramatique inhabituelle, notamment dans le premier
mouvement. L’influence de l’opéra est perceptible : les thèmes sont chantants
et très expressifs. Les modulations et contrastes renforcent la tension et
l’émotion. Le Andante central est lyrique, tendre et profond. Le Presto final
est vif, brillant et plein d’énergie. Chaque mouvement possède une identité
forte, tout en conservant une unité d’ensemble. La Symphonie « Prague » est une
œuvre majeure de par sa profondeur expressive, son orchestration soignée, son sens
dramatique proche de l’opéra et sa grande maturité stylistique. Elle annonce
les grandes symphonies de la fin de la vie de Mozart et témoigne de son génie à
son apogée.
Wolfgang Amadeus Mozart -
Symphony No. 38 in D major „Prague” K.504 0:22
I. Adagio-Allegro 13:22 II. Andante 20:54 III. Finale Presto
Czech Philharmonic Orchestra
Manfred Honeck - conductor
2006
Wolfgang Amadeus Mozart
Symphony n°38 K.504 "Prague"
I. Adagio - Allegro 0:00 II. Andante 13:13 III. Finale. Presto 21:19
Le 29 octobre
1787, il y a 238 ans aujourd’hui, était créé à Prague, « Don Giovanni »,
opéra de Wolfgang Amadeus Mozart.
Don Giovanni (1787) est considéré comme l’un des plus grands opéras jamais
écrits — à la fois sur le plan musical, dramatique et psychologique. Don Giovanni est un dramma giocoso, un
mélange unique de tragédie et de comédie.Il combine le ton léger et
ironique de l’opéra buffa avec la gravité d’un drame moral. Le personnage de
Don Giovanni est à la fois séducteur, rebelle, comique et
monstrueux, ce qui en fait un héros complexe et moderne. Mozart et son
librettiste Lorenzo Da Ponte réussissent un équilibre
subtil entre humour, tension et fatalité.
Mozart adapte le style musical à chaque
personnage. Don Giovanni : musique brillante,
énergique, séductrice. Donna Anna : noble, dramatique. Donna Elvira :
tourmentée, expressive. Leporello : comique, vif. La musique épouse le rythme de l’action, et même les récitatifs sont pleins de
vie dramatique. Les airs et ensembles (comme le fameux Là
ci darem la mano ou le final de l’acte I) sont d’une maîtrise
inégalée. Tout l’opéra progresse vers le châtiment de Don Giovanni, dans
une construction dramatique tendue et cohérente. Le final surnaturel (la statue du Commandeur qui vient chercher le
héros en enfer) donne une dimension métaphysique et
morale puissante. Chaque personnage a une identité musicale et
émotionnelle propre, ce qui rend l’œuvre étonnamment humaine. Mozart peint toutes les nuances du désir, de la peur, du
remords et du défi. Le héros lui-même, Don Giovanni,
reste mystérieux et fascinant : ni simple libertin, ni démon, mais une force
vitale incontrôlable. Don Giovanni interroge des thèmes
universels : liberté, culpabilité, morale, punition, amour, mort. C’est une œuvre qui parle autant au cœur qu’à l’esprit, et
qui continue d’inspirer théâtre, cinéma et psychanalyse.
Je rappelle
que les cinq opéras révolutionnaires dans l’histoire de la musique, ceux qui
ont opéré un tournant créatif décisif dans l’histoire de la composition musicale,
sont : Orféo (Monteverdi), Don Giovanni (Mozart), Boris Godounov
(Moussorgski), Pelléas et Mélisande (Debussy), Wozzeck (Berg).
Le 30 septembre 1791, il y a
234 ans aujourd’hui, était créé à Vienne, l’opéra de Wofgang Amadeus Mozart, « Le
Flûte enchantée ».
La Flûte
enchantée (Die Zauberflöte) est un opéra très singulier dans la production de
Mozart et dans l’histoire de l’opéra. C’est un Singspiel : alternance de
chants et de dialogues parlés, ce qui le rapproche du théâtre populaire
allemand, plutôt que de l’opéra italien ou français. Il combine des éléments
comiques, féeriques, sérieux, initiatiques et philosophiques. Mozart et son
librettiste Emanuel Schikaneder étaient francs-maçons. L’œuvre est imprégnée de
symboles : la quête de la sagesse, les épreuves de purification par le feu et
l’eau, la fraternité, le chiffre trois (trois dames, trois garçons, trois
accords au début de l’ouverture…). Le temple de Sarastro incarne un idéal de
raison, de lumière et de vertu, opposé aux ténèbres de la Reine de la Nuit.
Tamino et
Pamina représentent la noblesse de l’amour et de la quête spirituelle. Papageno,
oiseleur naïf et comique, incarne l’homme simple, attaché aux plaisirs
terrestres. La Reine de la Nuit fascine par ses airs virtuoses, où l’expression
dramatique rejoint la pyrotechnie vocale. Mozart mêle des styles très
différents : airs populaires (Papageno), grandes arias lyriques (Pamina),
morceaux solennels proches de l’oratorio (chœurs du temple), numéros virtuoses
(Reine de la Nuit). L’ouverture elle-même est remarquable : solennité
maçonnique au début, puis vivacité presque joyeuse.
Derrière le
conte féerique se cache une parabole sur l’élévation humaine : du chaos et de
l’obscurité vers la sagesse, la lumière et l’harmonie.L’œuvre a donc
plusieurs niveaux de lecture : un divertissement populaire accessible à tous,
et une réflexion philosophique initiatique. L’originalité de La Flûte
enchantée réside dans son mélange unique de conte populaire, de comédie,
d’opéra sérieux et de symbolisme maçonnique, servi par une musique d’une grande
diversité et intensité expressive.