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27 mai 2026

première de la symphonie n°6 « tragique » de gustav mahler, il y a 120 ans aujourd’hui



 

Le 27 mai 1906, il y a 120 ans aujourd’hui, était créée à Essen, la Symphonie n°6 de Gustav Mahler.

 

La Symphonie n° 6 en la mineur de Gustav Mahler (1903-1904), souvent surnommée « Tragique » (bien que Mahler lui-même n’ait pas retenu officiellement ce titre), occupe une place particulière dans son œuvre pour plusieurs raisons. Contrairement à beaucoup d’autres symphonies de Mahler, qui traversent des crises pour aboutir à une forme de rédemption ou de transcendance, la Sixième suit un chemin inverse : elle commence avec une énergie déterminée et héroïque et se termine dans un effondrement total, sans consolation ni victoire. C’est la seule de ses grandes symphonies à se conclure de manière aussi sombre et définitive.

 

La Sixième est l’une des symphonies mahlériennes les plus proches du modèle symphonique traditionnel : quatre mouvements clairement définis, une forte cohérence thématique, une architecture rigoureuse héritée de Ludwig van Beethoven et de Anton Bruckner. Elle est moins fragmentée et moins « narrative » que les symphonies n°2, n°3 ou n°8. Mahler est célèbre pour avoir intégré des chœurs et des solistes dans plusieurs de ses symphonies : n°2 (Résurrection), n°3, n°4, n°8 (Symphonie des Mille). La Sixième est purement instrumentale, ce qui renforce son caractère abstrait et implacable.

 

Dans le premier mouvement apparaît un thème lyrique que Mahler associait à son épouse, Alma Mahler. Ce thème lumineux contraste avec la marche sombre qui domine l’œuvre. Ce mélange entre amour, tendresse et fatalité est une des signatures émotionnelles de la symphonie. Les coups de marteau du finale sont l’élément le plus célèbre de l’œuvre. Dans le dernier mouvement, Mahler demande de gigantesques coups de marteau frappés sur une caisse en bois spécialement construite. Selon Alma Mahler, ils symboliseraient les coups du destin frappant un héros. Mahler en avait initialement prévu trois, puis supprima le troisième avant la publication définitive. Les chefs d’orchestre débattent encore aujourd’hui du nombre de coups à jouer.

 

Après la composition de l’œuvre, plusieurs catastrophes frappèrent Mahler : la mort de sa fille Maria en 1907, la découverte de sa maladie cardiaque, son départ forcé de l’Opéra de la Cour de Vienne. Cette coïncidence a nourri l’idée que la Sixième aurait été « prophétique », même si les musicologues considèrent cela avec prudence.

 

La Sixième utilise un très grand orchestre, mais d’une manière différente de la spectaculaire n°8 : beaucoup de percussions, cloches de vaches (cowbells) évoquant un monde pastoral lointain, contrastes extrêmes entre violence et intimité. L’effet recherché n’est pas la grandeur triomphale mais la tension dramatique.

 

Si l’on devait résumer en une phrase, la Sixième est la symphonie où Mahler abandonne toute perspective de salut et met en scène, avec une logique presque inexorable, la défaite d’un héros face au destin. C’est pourquoi de nombreux chefs d’orchestre et musicologues la considèrent comme l’une des œuvres les plus puissantes et les plus dérangeantes du répertoire symphonique, aux côtés de la Symphonie n° 9 de Beethoven et de la Symphonie n° 9 de Mahler.

 



La Symphonie n° 6 en la mineur de Gustav Mahler, jouée par l'Orchestre symphonique de la WDR dirigé par Michael Tilson Thomas.

00:00:00 I. Allegro energico, ma non troppo. Forte, mais concise 00:23:44 II. Scherzo. Puissant - patriarcal. Beaucoup plus lentement. Grazioso - Tempo I 00:37:25 III. Andante moderato 00:53:58 IV. Final. Allegro moderato

 

22 février 2008 à la Kölner Philharmonie.

 



Gustav Mahler, Symphonie n°6

00:50 Allegro energico, ma non troppo. Heftig, aber markig. 24:45 Andante moderato 39:42 Scherzo: Wuchtig 52:46 Finale: Sostenuto – Allegro moderato – Allegro energico

 

Orchestre du Festival de Lucerne

Claudio Abbado, conductor

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_6_de_Mahler

 

29 janvier 2026

première des « kindertotenlieder » de gustav mahler, il y a 121 ans aujourd’hui


  


 

Le 29 janvier 1921, il y a 121 ans, étaient créés à Vienne, les « Kindertotenlieder », cinq lieder pour voix et orchestre, de Gustav Mahler.

 

Les Kindertotenlieder (1901–1904) de Gustav Mahler sont particuliers par leur sujet, leur traitement musical, leur place dans l’histoire du lied et par leur dimension existentielle. Le cycle met en musique cinq poèmes de Friedrich Rückert, écrits après la mort de deux de ses enfants. Mahler choisit donc un thème presque insoutenable : le deuil parental. À l’époque, traiter aussi directement la mort d’enfants dans une œuvre vocale n’est pas courant. Mahler en fait un sujet artistique majeur, sans sentimentalisme. Contrairement à beaucoup de musiques funèbres du XIXe siècle, Mahler évite l’emphase : pas de grandes explosions lyriques permanentes, une douleur contenue, une atmosphère de silence et de retenue L’originalité tient dans cette manière de suggérer la souffrance plutôt que de la montrer.

 

Mahler orchestre les lieder (ce ne sont pas de simples mélodies avec piano) en employant un orchestre est réduit, transparent, souvent chambriste. Il utilise des couleurs instrumentales très fines : hautbois plaintif, cor lointain, cordes voilées, absence fréquente de tutti. L’orchestre devient un espace psychologique, pas un accompagnement décoratif. Il transforme ainsi  le genre du lied. Ce ne sont plus des miniatures intimistes mais des poèmes symphoniques en miniature. On y retrouve des procédés symphoniques comme les motifs récurrents, les transitions longues, l’architecture globale du cycle. Les Kindertotenlieder se situent entre musique vocale et symphonie. L’originalité expressive du cycle vient de son ambiguïté : la musique cherche l’apaisement mais ne trouve jamais une résolution complète. Même le dernier lied, censé être plus lumineux, reste fragile. Mahler ne propose pas une consolation religieuse nette, mais une consolation humaine incertaine.

 

Mahler compose cette œuvre alors que ses propres enfants sont encore vivants. Mais en 1907, sa fille Maria meurt. Cela a renforcé l’impression que cette musique touche à une vérité universelle, presque prophétique. Les Kindertotenlieder annoncent le XXe siècle par une harmonie instable, des dissonances expressives, des tonalités flottantes. Mahler explore une musique du traumatisme intérieur, proche de ce que feront plus tard Berg ou Schoenberg. L’originalité des Kindertotenlieder réside dans leur capacité unique à unir un thème radical (la mort des enfants), une expression retenue et intérieure, une orchestration d’une finesse exceptionnelle, une forme entre lied et symphonie, une modernité émotionnelle et harmonique. C’est l’un des cycles les plus bouleversants de toute la musique vocale occidentale.

 



Gustav Mahler - Kindertotenlieder

00:00:26 1. Nun will die Sonn‘ so hell aufgehn 00:06:48 2. Nun seh‘ ich wohl, warum so dunkle Flammen 00:12:10 3. Wenn dein Mütterlein 00:17:44 4. Oft denk‘ ich, sie sind nur ausgegangen 00:20:38 5. In diesem Wetter, in diesem Braus

 

Brigitte Fassbaender, Mezzosopran

Sinfonieorchester des Norddeutschen Rundfunks

Klaus Tennstedt, Dirigent

 

Live aufgezeichnet am 20. Mai 1980 im Kieler Schloss.

 



Gustav Mahler Kindertotenlieder ("Songs on the Death of Children")

00:00 I. Nun will die Sonn’ so hell aufgeh’n ("Now the sun wants to rise as brightly") 06:14 II. Nun seh’ ich wohl, warum so dunkle Flammen ("Now I see why with such dark flames") 11:59 III. Wenn dein Mütterlein ("When your mama") 17:05 IV. Oft denk’ ich, sie sind nur ausgegangen! ("I often think that they have just stepped out") 20:32 V. In diesem Wetter ("In this weather")

 

Christa Ludwig, mezzo-soprano

Berliner Philharmoniker

Herbert von Karajan, conductor

 

Studio recording, 1975

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kindertotenlieder_(Mahler)

25 novembre 2025

première de la symphonie n°4 de gustav mahler, il y a 124 ans aujourd’hui

 



 

Le 25 novembre 1901, il y a 124 ans aujourd’hui, était créée à Munich, la Symphonie n°4 de Gustav Mahler.

 

La Symphonie n°4 de Gustav Mahler (créée en 1901) est souvent considérée comme l’une de ses œuvres les plus accessibles, mais elle comporte plusieurs originalités marquantes qui la distinguent au sein de son cycle symphonique. Contrairement aux symphonies précédentes (immenses, parfois grandiloquentes), Mahler utilise ici un orchestre plus réduit, presque “classique”. Cela donne une transparence inhabituelle pour lui, rappelant parfois Haydn ou Mozart — mais toujours avec son langage personnel. La Quatrième est souvent décrite comme la plus sereine ou innocente des symphonies mahlériennes. Elle explore un monde naïf, pastoral, parfois humoristique, loin des tensions métaphysiques de la Deuxième ou la violence de la Troisième. Le dernier mouvement est une chanson pour soprano, Das himmlische Leben (“La vie céleste”), décrivant le paradis vu par les yeux d’un enfant. Mahler l’avait composée avant la symphonie, et toute l’œuvre est conçue comme une préparation progressive vers cette vision d’innocence.

 

C’est l’une des seules symphonies construites autour d’un mouvement vocal final déjà existant. La symphonie suit une progression originale : mouvement 1, un monde lumineux, mais plein d’ironie, comme un conte ; mouvement 2, un scherzo macabre, mené par un violon désaccordé volontairement (accordé un ton plus haut) — effet d’irréalité, de danse de la mort ; mouvement 3, un adagio d’une grande sérénité, souvent vu comme un avant-goût du paradis ; mouvement 4, l’enfant chante sa vision du ciel. C’est une narration spirituelle subtile, de l’humain vers le divin. Dans le deuxième mouvement, Mahler demande un violon solo accordé un ton plus haut, créant un timbre grinçant mais léger — censé représenter Freund Hein, une figure folklorique proche du joueur de violon de la mort. C’est un procédé orchestral singulier et très rare dans les symphonies de son époque. Mahler adopte ici un ton plus classique, transparent, presque néoclassique avant l’heure, tout en conservant sa richesse harmonique et ses couleurs orchestrales. La nostalgie d’un monde ancien (souvenirs d’enfance, folklore, simplicité) donne à l’œuvre son charme particulier.

 



Gustav Mahler, Symphony No 4

1 Bedächtig, nicht eilen 2 In gemächlicher Bewegung, ohne Hast 3 Ruhevoll, poco adagio 4 Sehr behaglich

 

Magdalena Kožená, mezzo-soprano

Lucerne Festival Orchestra

Claudio Abbado, conductor

 

Live recording. Lucerne, August 2009

 



Gustav Mahler Symphony No 4 in G major

 

Anne Schwanewilms, soprano

Radio Philharmonic Orchestra

Bernard Haitink, conductor

 

Amsterdam, September 201

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_4_de_Mahler

19 septembre 2025

première de la symphonie n°7 de gustav mahler, il y a 117 ans aujourd’hui


 


 

Le 19 septembre 1908, il y a 117 ans aujourd’hui, était créée à Prague la  Symphonie n°7 de Gustav Mahler « Chant de la nuit ».

 

La Symphonie n°7 de Mahler, parfois surnommée « Chant de la nuit » (Lied der Nacht), est l’une des plus singulières de son cycle symphonique. Elle explore différentes facettes de la nuit : inquiétude, mystère, rêverie, ironie. Les deux Nachtmusiken (2 et 4 mouvements) sont emblématiques : l’une évoque une marche nocturne dans la nature, l’autre un nocturne plus intime, presque sérenade. Mahler élargit l’orchestre en intégrant des instruments atypiques : mandoline, guitare, cloches de vaches, etc. Les couleurs orchestrales sont extrêmement variées, allant de l’ombre la plus dense à des éclats lumineux.

 

Les cinq mouvements sont très différents les uns des autres, créant une tension entre obscurité et lumière :

1.      Langsam – Allegro risoluto : introduction sombre avec le cor ténor, suivi d’un mouvement énergique.

2.      Nachtmusik I : marche nocturne mystérieuse.

3.      Scherzo (Schattenhaft) : danse d’ombres, ironique, grinçante.

4.      Nachtmusik II : nocturne plus intime avec mandoline et guitare.

5.      Final (Rondo-Finale) : éclatant, presque solaire, rompant brutalement avec l’atmosphère nocturne.

 

Le passage de la nuit (mouvements centraux) vers la lumière éclatante du finale est saisissant. Ce finale, souvent perçu comme ironique ou parodique, est l’un des plus surprenants du répertoire mahlérien : une célébration ambiguë, entre triomphe et exagération carnavalesque. Harmoniquement et orchestrale­ment, Mahler anticipe certains procédés de Schönberg, Berg et Webern. Le traitement des timbres et les atmosphères fragmentées préfigurent déjà l’esthétique du XX siècle.

 



Gustav Mahler, Symphonie n°7

1. Langsam – Allegro risoluto, ma non troppo: 0:34 2. Nachtmusik I: 23:40 3. Scherzo: 38:50 4. Nachtmusik II: 47:42 5. Rondo Finale: 58:22

 

Orchestra: The Royal Concertgebouw Orchestra

Conductor: Pierre Boulez

 

January 21, 2011

 



Mahler : Symphony No.7 « Chant de la nuit »

1st movement 00:00 2nd 22:00 3rd 38:29 4th 47:23 5th 1:00:46

 

Chicago Symphony orchestra

Claudio Abbado, conductor

 

5/1/1984, live recording

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_7_de_Mahler

https://operaticketsitaly.com/verone-opera-concerts/symphonie-n-7-de-mahler-teatro-filarmonico-de-verone/?p=133&l=4&id=2649

29 janvier 2025

anniversaire • création des « kindertotenlieder » de gustav mahler

Gustav Mahler en 1866 (6 ans)

Österreichische Nationalbibliothek


 


 

Le 29 janvier 1905, il y a 120 ans aujourd’hui, était créés à Vienne, les « Kindertotenlieder »  (Chants sur la mort des enfants) de Gustav Mahler

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kindertotenlieder_(Mahler)

 



Gustav Mahler, Kindertotenlieder

 

Dame Janet Baker--mezzo-soprano

Sir John Barbirolli--conductor

New Philharmonia Orchestra

 

1969

 



Gustav Mahler Kindertotenlieder ("Songs on the Death of Children")

00:00 I. Nun will die Sonn’ so hell aufgeh’n ("Now the sun wants to rise as brightly") 06:14 II. Nun seh’ ich wohl, warum so dunkle Flammen ("Now I see why with such dark flames") 11:59 III. Wenn dein Mütterlein ("When your mama") 17:05 IV. Oft denk’ ich, sie sind nur ausgegangen! ("I often think that they have just stepped out") 20:32 V. In diesem Wetter ("In this weather")

 

Christa Ludwig, mezzo-soprano

Berliner Philharmoniker

Herbert von Karajan, conductor

 

Studio recording, 1975

 

Autres anniversaires du 29 janvier…

https://bertysblog.over-blog.com/article-29-janvier-65539956.html

13 décembre 2024

anniversaire • première de l’exécution intégrale de la symphonie n°2 de gustav mahler



 

Le 13 décembre 1895, il y a 129 ans aujourd’hui, était donnée à Berlin la première exécution intégrale de la Symphonie n°2 « Résurrection », de Gustav Mahler

 

En savoir plus…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_2_de_Mahler

 



Gustav Mahler, Symphonie n°2 « Résurrection »

1st movement : 1:39 - 22:16 (Allegro maestoso) 2nd movement : 22:57 - 32:17 (Andante moderato) 3rd movement : 32:21 - 43:38 (In ruhig fließender Bewegung) 4th movement : 43:39 - 48:42 ("Urlicht") 5th movement : 48:43 - 1:22:34 (Im Tempo des Scherzo's)

 

Orchestre du Festival de Lucerne

Claudio Abbado, direction

 



Gustav Mahler: Symphony No. 2 in C minor "Resurrection"

Hillevi Martinpelto (Soprano)

Anne Sofie von Otter (Mezzo Soprano)

Chorus & Youth Chorus (Chorus Director: Simon Halsey)

City of Birmingham Symphony Orchestra

Simon Rattle, conductor

 

Aug, 1998

 

Autres anniversaires du 13 décembre…

https://bertysblog.over-blog.com/article-13-decembre-61901540.html