Le 6 août 1665, il y a 361 ans aujourd’hui, naissait à Paris le compositeur français, Jean-Baptiste Lully.
Les rapports entre Jean-Baptiste Lully et Louis XIV furent parmi les plus étroits qui aient jamais uni un artiste à un souverain. Ils dépassaient largement une simple relation d’employeur à employé : Lully fut à la fois le musicien favori, un serviteur dévoué et un homme de pouvoir à la cour.
Lorsque Lully arrive en France, il est un jeune Florentin d’origine modeste. Son talent exceptionnel pour la musique, mais aussi pour la danse, attire rapidement l’attention du jeune Louis XIV. Le roi est lui-même un danseur passionné. Dans les ballets de cour, il se produit aux côtés de Lully. Cette collaboration artistique crée une véritable complicité. Le célèbre rôle du Roi-Soleil dans le Ballet de la Nuit (1653) participe à la naissance de l’image politique de Louis XIV, et Lully en est l’un des principaux artisans. Louis XIV comprend très tôt que les arts peuvent servir son autorité. Lully devient alors le compositeur chargé de donner une dimension sonore à la monarchie. Il compose les grands ballets de cour, les cérémonies officielles, les divertissements de Versailles, les opéras glorifiant indirectement le règne du roi. Sa musique est conçue pour refléter : la majesté, l’ordre, la grandeur, la stabilité du royaume. En quelque sorte, Lully devient le porte-parole musical de l’absolutisme.
Louis XIV couvre Lully de privilèges. Le compositeur obtient : la nationalité française, le titre de Surintendant de la musique du roi, le monopole presque complet de l’opéra français grâce à l’Académie royale de musique. Peu d’artistes de l’époque bénéficient d’une telle faveur. Cette confiance fait de Lully un personnage extrêmement puissant, parfois craint par ses collègues, car il défendait jalousement ses privilèges. Il faut cependant éviter d’imaginer une amitié intime. Louis XIV gardait toujours une distance avec ses serviteurs, même les plus brillants. Le roi admirait Lully parce qu’il servait parfaitement son projet politique. Lully, de son côté, était d’une fidélité absolue envers le souverain. Il savait que toute sa fortune dépendait de la faveur royale. La relation était donc fondée sur l’admiration artistique, la confiance, mais aussi une dépendance réciproque : le roi avait besoin du génie de Lully ; Lully avait besoin de la protection du roi.
Vers la fin de sa vie, Lully connaît quelques difficultés. Sa vie privée est agitée. Son homosexualité, connue à la cour malgré son mariage, finit par indisposer Louis XIV, devenu beaucoup plus austère sous l’influence de Madame de Maintenon. Le roi ne rompt toutefois jamais complètement avec lui. Il continue d’apprécier son génie musical. Lorsque Lully meurt en 1687, des suites de la célèbre blessure qu’il s’était infligée au pied avec son bâton de direction, Louis XIV perd celui qui avait façonné pendant près de trente ans le langage musical de son règne.
Leur collaboration représente l’une des plus parfaites unions entre l’art et le pouvoir politique. Louis XIV voulait que la France domine l’Europe par son armée, son architecture, sa langue et sa musique. Lully lui fournit exactement cette musique : noble, claire, majestueuse, disciplinée, véritable reflet sonore de la monarchie absolue. On peut dire que Versailles n’aurait sans doute pas eu la même identité sans Lully, et que Lully ne serait jamais devenu le fondateur de l’opéra français sans Louis XIV.
Jean-Baptiste Lully Te Deum
1.Symphonie 0:00 2.Patrem immensae majestatis 7:04 3.Tu ad dexteram Dei sedes 13:52 4.Salvum fac populum tuum 18:30 5.Dignare, Domine 22:53 6.In Te, Domine, speravi 29:14
Le Poème Harmonique, Vincent Dumestre
Jean-Baptiste Lully: Suite aus der Oper »Le Bourgeois gentilhomme« ∙
I. Ouverture 00:00 ∙ II. 2ème intermède: 2ème air des Garçons Tailleurs (Zweites Zwischenspiel: Zweites Lied der Schneiderburschen) 03:27 ∙ III. 1er intermède (Erstes Zwischenspiel): Air – Sarabande – Bourrée – Gaillarde – Canarie 05:44 ∙ IV. Marche pour la cérémonie des Turcs (Marsch für die Zeremonie der Türken) 10:39
Frankfurt Radio Symphony ∙ Maxim Emelyanychev, Dirigent ∙
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Lully






