21 mars 2026

le compositeur russe, modeste moussorgski, aurait 187 ans aujourd’hui



 

Le 21 mars 1839 - 9 mars pour le calendrier Julien -, naissait à Karevo (Russie) le compositeur russe, Modeste Moussorgski.

 

Modeste Moussorgski a cherché à représenter la vérité psychologique des personnages. Dans des œuvres comme Boris Godounov, les émotions ne sont pas idéalisées : elles sont brutes, parfois dérangeantes, mais toujours authentiques. Contrairement aux lignes vocales très lyriques de l’opéra traditionnel, il compose des mélodies qui épousent les inflexions naturelles de la langue russe. Cela donne une impression de réalisme saisissante. Sa musique peut sembler étrange ou “inachevée” selon les standards classiques, mais cette liberté harmonique crée des atmosphères puissantes et novatrices — en avance sur son temps. Dans les « Tableaux d’une exposition » il peint littéralement des scènes avec le son. Chaque pièce est une image vivante, presque visuelle. Membre du groupe des « Cinq », il refuse les conventions occidentales strictes pour développer une musique spécifiquement russe, plus directe et expressive. Moussorgski est un génie du réalisme musical, capable de transformer la vie, la parole et la psychologie humaine en son.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Modeste_Moussorgski

 



Modeste Moussorgski, Boris Godounov (version Rimsky-Korsakov)

 

Salzburg, 1998

Berliner Philharmoniker

Musikalische Leitung: Claudio Abbado

Inszenierung: Herbert Wernicke

 

Boris - Anatoli Kotscherga

Fjodor - Ruxanda Donose

Schuiski - Philip Langridge

Pimen - Alexander Morosow

Dimitri - Vladimir Galouzine

Marina - Marjana Lipovsek

Rangoni - Sergei Leiferkus

 

La vie amoureuse de Modeste Moussorgski  reste assez mystérieuse et peu documentée, surtout comparée à celle de certains de ses contemporains. Il ne s’est jamais marié et il n’existe aucune preuve solide de relation amoureuse durable ou officielle. Contrairement à d’autres compositeurs du XIXe siècle, il n’a laissé ni correspondances passionnées ni témoignages clairs sur une vie sentimentale active. Certains biographes évoquent des attachements affectifs forts, notamment une grande proximité avec des amis artistes, une relation très marquante avec sa mère, dont la mort l’a profondément affecté — un choc émotionnel qui a contribué à son déclin. Après la mort de sa mère, Moussorgski sombre dans l’isolement et l’alcoolisme. Cette période rend encore moins probable l’existence d’une vie amoureuse stable. Son comportement imprévisible et ses difficultés financières ont aussi pu compliquer toute relation durable. Certains historiens ont spéculé sur une possible homosexualité ou une vie affective non conventionnelle, mais il n’existe aucune preuve directe. Ces hypothèses restent donc très prudentes.


13 mars 2026

première du concerto pour violon n°2 de félix mendelssohn, il y a 181 an aujourd’hui



 

Le 13 mars 1845, il y a 181 ans aujourd’hui, était créé à Leipzig, le Concerto pour Violon n°2 de Felix Mendelssohn

 

Le Concerto pour violon n°2 de Felix Mendelssohn, composé entre 1838 et 1844, est l’un des concertos pour violon les plus aimés du répertoire romantique. Sa popularité vient d’un équilibre remarquable entre virtuosité, lyrisme et perfection formelle. Le concerto est célèbre pour la beauté de ses mélodies. Le premier mouvement s’ouvre immédiatement avec le violon solo, qui expose un thème très chantant. Le deuxième mouvement contient l’une des mélodies les plus tendres et expressives du romantisme. Mendelssohn y montre une capacité unique à écrire pour le violon comme une voix humaine. La partie de violon est techniquement exigeante, mais jamais purement démonstrative : passages rapides et brillants, doubles cordes, grande variété d’archets La virtuosité reste toujours au service de l’expression musicale, ce qui explique pourquoi ce concerto est autant apprécié par les musiciens que par le public. Mendelssohn introduit plusieurs idées nouvelles qui ont influencé les concertos ultérieurs : le violon entre presque immédiatement, sans longue introduction orchestrale ; la cadence du premier mouvement apparaît avant la réexposition, intégrée à la structure ; es trois mouvements sont enchaînés sans interruption. Ces choix donnent à l’œuvre une grande fluidité dramatique. Contrairement à certains concertos virtuoses du XIX siècle, l’orchestre n’est pas un simple accompagnement. Il dialogue constant entre le violon et les pupitres. Les transitions orchestrales sont très élégantes. Les couleurs sont transparentes typiques de Mendelssohn. Le troisième mouvement est vif et joyeux avec un caractère dansant et féerique, une énergie légère et bondissante, une écriture virtuose mais pleine d’élégance et d’énergie. Il rappelle l’esprit des musiques de scène de Mendelssohn comme Le Songe d’une nuit d’été. C’est pour ces raisons que ce concerto est souvent considéré comme l’un des trois ou quatre plus grands concertos pour violon romantiques, aux côtés de ceux de Johannes Brahms, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Jean Sibelius.

 



Mendelssohn Violin Concerto E minor Op. 64, MWV O 14

I. Allegro molto appassionato [0:05] II. Andante - Allegretto non troppo [13:26] III. Allegro molto vivace [20:52]

 

Violin: Hilary Hahn

Frankfurt Radio Symphony Orchestra

Conductor: Paavo Jarvi

 

11th, Jun, 2012. Korean Art Centre Concert Hall, Seoul Korea.

 



Julia Fischer joue le Concerto pour violon n°2 en mi mineur de Felix Mendelssohn, aux côtés de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung.

00:00 : début du concert 1:30 : I. Allegro molto appassionato 14:38 II. Andante 22:47 Allegro non troppo - Allegro molto vivace

 

Enregistré le 19 juin 2014 au Festival de Saint-Denis.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Concerto_pour_violon_no_2_de_Mendelssohn

 

Pour la création du Concerto, Ferdinand David, grand violoniste et ami proche de Mendelssohn, à qui l’œuvre était dédiée, fut le soliste et Niels Gade dirigea l’orchestre du Gewandhaus. Mendelssohn lui-même n’a pas pu diriger ni assister à la création, car il était malade à ce moment-là. La première a été un immense succès. L’œuvre a immédiatement frappé par l’entrée très précoce du violon soliste (sans longue introduction orchestrale), la cadence intégrée dans le mouvement, l’enchaînement des trois mouvements sans pause. Ces innovations ont contribué à faire du concerto l’un des plus célèbres du répertoire romantique pour violon. Peu après, le concerto fut rejoué, cette fois dirigé par Mendelssohn lui-même, toujours avec Ferdinand David au violon, confirmant son succès. 


12 mars 2026

première de « simon boccanegra », opéra de guiseppe verdi, il y a 169 ans aujourd’hui

  



 

Le 12 mars 1857, il y a 169 ans aujourd’hui, était créé à Venise, l’opéra de Giuseppe Verdi, « Simon Boccanegra ».

 

Simon Boccanegra possède plusieurs qualités qui en font une œuvre très particulière dans le répertoire verdien. Créé en 1857 puis profondément révisé en 1881, il est souvent considéré comme un Verdi plus mature, sombre et politique que ses opéras précédents. Contrairement à beaucoup d’opéras romantiques centrés sur l’amour, Simon Boccanegra explore surtout des conflits humains et politiques. Le personnage de Boccanegra est complexe : ancien corsaire devenu doge de Gênes, partagé entre le pouvoir, la solitude et la recherche de sa fille perdue. Les relations entre les personnages (Boccanegra, Amelia, Fiesco, Adorno) sont ambiguës et évolutives, ce qui donne une grande richesse dramatique.

 

La version révisée de 1881 montre un Verdi à son sommet, orchestration plus subtile et sombre que dans ses opéras de jeunesse, grande continuité dramatique où la musique enchaîne les scènes presque sans interruption,  couleurs orchestrales évoquant souvent la mer et l’atmosphère de Gênes. Beaucoup de scènes sont empreintes d’une gravité méditative. L’orchestre crée une ambiance maritime et politique très particulière. On est loin du spectaculaire de Il Trvatore ou Rigoletto. Ici tout est plus intérieur. Le final du Conseil de Gênes (Acte I dans la version révisée) est l’un des grands moments de Verdi : conflit entre patriciens et plébéiens, chœur puissant et orchestration dramatique. Boccanegra impose la paix dans une scène d’une force théâtrale immense.

 

Le cœur de l’œuvre est la relation père-fille entre Boccanegra et Amelia. Le moment où il découvre qu’elle est sa fille est l’un des passages les plus émouvants de tout Verdi. Les qualités majeures de Simon Boccanegra sont une profondeur psychologique inhabituelle, une orchestration subtile et mature, une atmosphère sombre et maritime unique, une grande dimension politique, des moments d’émotion très intenses.

 



Giuseppe Verdi, Simon Boccanegra

 

Simon Boccanegra: Frank Guarrera

Amelia: Zinka Milanov

Gabriele Adorno: Carlo Bergonzi

Jacopo Fiesco: Giorgio Tozzi

Paolo Albiani: Ezio Flagello

 

Metropolitan Opera, New York

Conductor: Dimitri Mitropoulos

 

New York April 2, 1960

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Boccanegra

03 mars 2026

première de da symphonie n°101 « l’horloge » de joseph haydn, il y a 232 ans aujourd’hui



 

Le 3 mars 1794, il y a 232 ans aujourd’hui, était créée à Londres, la Symphonie n°101 « L’horloge », de Joseph, Haydn.

 

La Symphonie n°101 en ré majeur, dite « L’Horloge », de Joseph Haydn est l’une de ses œuvres les plus célèbres. Composée en 1793–1794 lors de son second séjour à Londres, elle fait partie des Symphonies londoniennes (nos 93 à 104). Le surnom « L’Horloge » vient du deuxième mouvement, où l’on entend un rythme régulier tic-tac dans les cordes et le basson. Ce motif est simple mais très efficace. Il crée une atmosphère à la fois mécanique, élégante et légèrement ironique. Haydn joue avec cette régularité en la modifiant subtilement, ce qui maintient l’intérêt. Dans cette symphonie, il introduit des contrastes soudains de dynamique, il détourne les attentes harmoniques, il alterne passages gracieux et moments plus dramatiques. Cet humour musical était très apprécié du public londonien.

L’orchestration est riche et équilibrée : dialogue entre vents et cordes, utilisation expressive des bassons et des flûtes, clarté des textures, typique du classicisme viennois. Haydn montre ici sa parfaite maîtrise de l’orchestre. La symphonie respecte la forme classique en quatre mouvements : Adagio – Presto : introduction lente solennelle suivie d’un mouvement vif énergique. Andante : le fameux mouvement « horloge ». Menuet et Trio : robuste et presque rustique. Finale (Vivace) : brillant, entraînant et très structuré. L’équilibre entre rigueur formelle et inventivité est remarquable. Cette symphonie illustre parfaitement l’élégance et la clarté du style classique, le sens de la proportion, la capacité à allier simplicité thématique et grande richesse expressive.

 



HAYDN: Symphony No. 101 in D major "The Clock"

I. Adagio. Presto 7:26 II. Andante 7:46 III. Menuet. Allegretto. Trio 7:08 IV. Finale. Vivace 4:23 아르투로 토스카니니 (지휘)

 

New York Philharmonic

Arturo Toscanini, conductor

 

1929/03/29 & 30 Mono, Carnegie Hall, New York

 



Symphonie n°101, Hob. I: 101 de J. Haydn

00:16 - I Adagio, Presto 08:55 - II Andante 16:19 - III Menuet et Trio - Allegretto 23:16 - IV Finale - Vivace

 

Orchestre Komos

Ensemble amateur parisien jouant sans chef d'orchestre

Violon solo : Marc Girardin - Répétiteur : Pierre Otzenberger

 

Concerts enregistrés les 16 et 17 mai 2025 en la Chapelle de la Fondation Eugène Napoléon, Paris XII

 

https://youtu.be/kgsem9GC31M?si=cJK59n06FCipZ8Ld

 

Le rapport entre Joseph Haydn et la symphonie est fondamental : il est considéré comme le « père de la symphonie ». Il a fixé la forme classique de la symphonie et a a contribué à stabiliser sa structure en quatre mouvements : 1. Mouvement rapide (souvent en forme sonate), 2. Mouvement lent, 3. Menuet (puis scherzo chez Beethoven), 4.Finale rapide Cette organisation devient le modèle de la symphonie classique. Haydn a écrit 104 symphonies, ce qui lui a permis d’expérimenter et d’affiner progressivement la forme. Il a enrichit progressivement l’orchestre (ajout de clarinettes, importance des vents) et développe le dialogue entre les instruments, donnant à la symphonie plus de profondeur et de dynamisme. Ses innovations ont influencé Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven. Beethoven, notamment, part du modèle haydnien pour élargir et transformer la symphonie. Haydn n’a pas inventé la symphonie, mais il lui a donné sa forme classique et son équilibre, ce qui en fait une figure essentielle dans l’histoire de ce genre musical.

25 février 2026

première du konzertstïck pour 4 cors et orchestre de rober schumann, il y a 176 ans aujourd’hui

  



 

Le 25 février 1850, il y a 176 ans aujourd’hui, était créé à Leipzig, le Konzertstüch pour 4 cors et orchestre de Robert Schumann.

 

Le Konzertstück pour 4 cors et orchestre de Robert Schumann (1849) est une œuvre unique dans le répertoire romantique. À l’époque, écrire pour quatre cors solistes était audacieux. Le cor naturel, encore largement utilisé, rendait l’écriture virtuose particulièrement risquée. Schumann exploite la richesse harmonique du quatuor de cors, les contrastes entre puissance héroïque et lyrisme intime, les effets d’écho et de dialogue entre les solistes. Cela donne une couleur orchestrale chaleureuse et noble, typiquement romantique. L’œuvre repousse les limites techniques du cor : passages rapides et traits agiles, grandes lignes lyriques chantantes, sauts d’intervalles exigeants, jeu dans l’aigu audacieux pour l’époque. Schumann profite des progrès récents du cor à pistons, ce qui permet une plus grande liberté chromatique. Les mouvements s’enchaînent sans interruption : Lebhaft – énergique et héroïque, Romanze – expressif et chantant, Sehr lebhaft – brillant et triomphant. Cette continuité renforce l’unité dramatique et donne à l’œuvre un élan quasi symphonique. On retrouve les qualités propres au style de Schumann : mélodies expressives et introspectives, harmonies riches et parfois audacieuses, alternance entre élans passionnés et moments plus rêveurs. La Romanze centrale est particulièrement admirée pour sa poésie et sa douceur. Contrairement à un concerto traditionnel, les quatre cors forment un ensemble soliste collectif. L’orchestre ne se contente pas d’accompagner. Il dialogue activement avec les cors. Il participe au développement thématique. Il renforce les climats émotionnels

 

Le Konzertstück est aujourd’hui une pièce majeure du répertoire pour cor. Peu d’œuvres mettent en valeur l’instrument avec une telle ampleur romantique.

 



Robert Schumann: Concertpiece for Four Horns and Orchestra, Op. 86

I. Lebhaft 1:02 II. Romanze: Ziemlich langsam, doch nicht schleppend 8:30 III. Sehr lebhaft 13:05

 

Matías Piñeira Maria Teiwes Mia Schwarzfischer Christina Hambach, cors

Munich Philharmonic Orchestra

Valery Gergiev, conductor

 

Recorded at the Gasteig Philharmonie on May 21st, 2021

 



Ossian Horn Quartet's live performance of Schumann's Konzertstück for Four Horns and Orchestra. Mitchell McCrady, Adrienne Schroeder, Marcus Redden, and Sara Ford,

cors

 

February 22nd, 2015. Indiana University Jacob's School of Music Recital Hall

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Konzertstück_for_Four_Horns_and_Orchestra

 

Au moment de la composition du Konzertstück pour 4 cors et orchestre en fa majeur, op. 86 (1849), la vie privée de Robert Schumann est marquée par un mélange d’enthousiasme créatif intense et de fragilité psychologique. Il vit à Dresde avec son épouse, la pianiste et compositrice Clara Schumann, et leurs enfants (ils en auront huit au total). Leur mariage, célébré en 1840 après une longue lutte contre le père de Clara, est fondé sur un profond amour, mais aussi sur des tensions liées aux difficultés financières, aux nombreuses grossesses de Clara, à la carrière de concertiste internationale de celle-ci, et surtout à la santé mentale fragile de Robert. 1849 est une année paradoxale. Schumann traverse des crises d’angoisse, des épisodes dépressifs et des troubles auditifs (acouphènes). Il souffre d’une instabilité psychique qui s’aggravera jusqu’à sa tentative de suicide en 1854. Pourtant, cette année est aussi l’une des plus productives de sa carrière : il compose énormément (symphonies, musique de chambre, œuvres chorales). Le Konzertstück, écrit rapidement en février 1849, reflète cette énergie créatrice intense. L’œuvre est brillante, héroïque, presque triomphale — certains y voient un contraste frappant avec son état intérieur fragile. L’œuvre est dédiée à quatre cornistes de l’orchestre de la cour de Dresde et exploite les possibilités techniques du cor à pistons, encore relativement nouveau à l’époque. Schumann s’enthousiasme pour ces innovations sonores. À cette période, il est aussi marqué par l’agitation politique : les soulèvements révolutionnaires de 1848–1849 touchent Dresde, ce qui oblige temporairement la famille à se réfugier hors de la ville.

 

 


23 février 2026

première du poème symphonique « les préludes » de franz liszt, il y a 172 ans aujourd’hui

  



 

Le 23 février 1854, il y a 172 ans aujourd’hui, était créé à Weimar le poème symphonique « Les Préludes » de Franz Liszt.

 

Le poème symphonique Les Préludes de Franz Liszt est particulièrement original pour plusieurs raisons, tant sur le plan formel qu’esthétique. Liszt est le véritable créateur du poème symphonique : une œuvre orchestrale en un seul mouvement, inspirée par un programme littéraire ou philosophique. Contrairement à la symphonie classique  qui est divisée en plusieurs mouvements, Les Préludes se joue d’un seul tenant, suit une idée poétique, cherche à traduire un contenu extra-musical (ici une méditation sur la vie). L’œuvre s’inspire d’un texte d’Alphonse de Lamartine tiré des Nouvelles Méditations poétiques. Elle a pour thème central « la vie est-elle autre chose qu’une série de préludes à la mort ? » La musique illustre différentes étapes de l’existence : amour, tempêtes / épreuves, retraite paisible, combat héroïque. C’est une musique narrative et philosophique, pas seulement abstraite. L’originalité majeure réside dans la transformation thématique. Un thème principal apparaît au début. Il est ensuite transformé (rythme, tonalité, caractère). Il devient tour à tour lyrique, dramatique, héroïque. Plutôt que d’opposer plusieurs thèmes contrastés (comme dans la forme sonate classique), Liszt développe une idée unique qui évolue — un procédé très novateur au milieu du XIXe siècle. Liszt utilise des contrastes dynamiques marqués, des couleurs orchestrales variées, des effets dramatiques puissants. L’orchestre devient un véritable moyen de narration émotionnelle. Les Préludes incarne pleinement l’esthétique romantique : primauté de l’expression, lien entre musique et littérature, quête du sublime et du dramatique, individualisme artistique. L’originalité de Les Préludes tient à la forme nouvelle du poème symphonique, le programme littéraire explicite, la transformation thématique, l’unité dramatique en un seul mouvement, l’expressivité romantique intense C’est une œuvre charnière qui a profondément influencé la musique symphonique de la fin du XIXe siècle.

 



Les Préludes (Franz Liszt).

 

Daniel Barenboim mit Berlin Philharmoniker

 

Staatsoper Berlin (1998).

 



Liszt: Les préludes, Symphonic Poem No. 3, S. 97

 

Berliner Philharmoniker

Herbert von Karajan, conductor

 

1968 Deutsche Grammophon GmbH, Berlin

 



Franz Liszt, Les préludes, Poème symphonique No. 3, S. 97

 

Orchestre National de l'Opéra de Monte-Carlo

Paul Paray, direction

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Préludes

 

Au moment où Franz Liszt compose Les Préludes (vers 1848–1854), sa vie privée est particulièrement intense et mouvementée.  Sa relation avec Marie d’Agoult se détériore et ils se séparent définitivement en 1844, sur fond de jalousie, de tensions financières et de différences de caractère. À partir de 1847, Liszt entame une relation avec Carolyne zu Sayn-Wittgenstein. Elle est princesse polonaise, mariée mais séparée. Très cultivée, profondément religieuse, elle pousse Liszt à abandonner sa carrière de virtuose itinérant. C’est elle qui l’encourage à s’installer à Weimar en 1848 où Liszt fut nommé maître de chapelle. C’est une période plus stable, plus intellectuelle. Il compose alors ses grands poèmes symphoniques, dont Les Préludes.  Liszt est alors installé avec Carolyne à Weimar. Il vit une relation intense mais intellectuelle et religieuse. Il cherche à se réinventer comme compositeur sérieux. Il s’éloigne de la vie mondaine et des aventures sentimentales de sa jeunesse. Cependant, Carolyne ne parviendra jamais à faire annuler officiellement son mariage. Leur projet de mariage en 1861 échouera au dernier moment sous la pression du Vatican.