Le 13 février 1920, naissait à Willimantic (Connecticut), la soprano américaine, Eileen Farrell.
La soprano américaine Eileen Farrell est surtout admirée pour un ensemble de qualités vocales et artistiques assez rares, qui lui ont permis de briller aussi bien à l’opéra qu’en concert et dans la musique populaire. Sa voix est large, riche et très projetée, capable de remplir une grande salle sans effort apparent. Son grave est solide et son médium dense, avec des aigus francs, sûrs et chaleureux, immédiatement reconnaissable. Elle est à l’aise dans des répertoires variés : Wagner, Verdi, Puccini, mais aussi musique américaine et chansons populaires. Elle a pu passer de l’opéra dramatique au jazz ou à la comédie musicale sans perdre son identité vocale. Elle possède une grande expressivité et un sens approprié du texte. Ses interprétations sont marquées par l’émotion, la sincérité et une forte présence scénique. Ella la capacité à incarner des héroïnes puissantes et tragiques. Elle a une excellente maîtrise du souffle et de la ligne de chant. Son phrasé est élégant et naturel avec un art de nuancer : elle savait autant chanter avec puissance que dans des pianissimi très contrôlés.
Eileen Farrell donne une image de chanteuse indépendante, qui n’a jamais limité sa carrière à un seul style, grâce à sa forte personnalité scénique et médiatique, notamment grâce à la radio et à la télévision américaines. Elle est considérée comme une soprano dramatique au timbre opulent, remarquable par sa puissance, sa polyvalence stylistique et son intensité expressive — des qualités qui en font une figure à part dans le paysage lyrique du XXᵉ siècle.
Eileen Farrell "Un bel dì, vedremo" from Giacomo Puccini's "Madama Butterfly"
The Ed Sullivan Show September 20, 1959.
From the 1959 Spoleto Festival, Eileen Farrell performing the "Libera me" from Verdi's Requiem. Thomas Schippers is the conductor.
Richard Wagner, Tristan und Isolde « Mild und Leise »
Eileen Farrell, Isolde
Eileen Farrell grandit dans un milieu très musical. Ses deux parents étaient chanteurs amateurs et l’encouragent tôt à développer sa voix. Cette atmosphère familiale joue un rôle important dans sa vocation artistique. Elle a été mariée et a eu une vie familiale, mais elle a toujours veillé à séparer sa sphère privée de sa carrière publique. Contrairement à de nombreuses divas de l’opéra, elle cultivait une image simple et directe, évitant les mondanités et les scandales médiatiques. Elle entretenait néanmoins des amitiés solides dans le monde musical, notamment avec des chefs et musiciens majeurs de son époque comme Leonard Bernstein. Connue pour son franc-parler et son humour, elle menait une vie assez sobre hors scène. Elle préférait l’enseignement, la vie domestique et les enregistrements à l’exposition permanente du vedettariat lyrique. Plus tard dans sa vie, elle évoquera publiquement certaines difficultés personnelles, notamment des périodes de fatigue professionnelle et de dépendance à l’alcool, dont elle a fini par se remettre. Sa décision de ne rejoindre l’Metropolitan Opera que relativement tard (au début des années 1960), alors qu’elle était déjà célèbre à la radio et en concert, reflète aussi un choix de vie : elle privilégiait l’équilibre personnel et la liberté artistique plutôt qu’une exposition permanente sur la scène lyrique.






