20 février 2026

la soprano écossaise, mary garden, aurait 152 ans aujourd’hui


  


 

Le 20 février 1874, il y a 152 ans aujourd’hui, naissait à Aberdeen, la soprano écossaise, Mary Garden.

 

La soprano écossaise  Mary Garden, était l’une des figures les plus marquantes de l’opéra au début du XX siècle. Elle était célèbre pour son jeu scénique intense et moderne. Elle incarnait ses rôles avec un réalisme psychologique rare pour l’époque, rompant avec le style plus statique et conventionnel du XIX siècle. Elle privilégiait l’expressivité et la vérité émotionnelle. Bien qu’écossaise, elle fit l’essentiel de sa carrière en France et maîtrisait parfaitement la langue et le style français. Elle fut la créatrice de plusieurs rôles importants, notamment, Mélisande dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902), rôle qu’elle contribua à rendre légendaire ; le rôle-titre de Thaïs de Jules Massenet (elle en donna une interprétation sensuelle et nuancée). Elle créa aussi le rôle-titre de Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas. Sa voix n’était pas la plus volumineuse ni la plus spectaculaire techniquement, mais elle était claire et souple, dotée d’un timbre lumineux, extrêmement expressive, capable de fines nuances et de subtilités dynamiques. Elle compensait toute limite vocale par une intelligence musicale et dramatique remarquable.

 

Mary Garden était réputée pour son tempérament affirmé. Elle choisissait ses rôles avec soin, défendait la musique contemporaine et imposait une forte personnalité artistique. Elle contribua à moderniser l’art lyrique en mettant l’accent sur la cohérence dramatique.

 



Gustave Charpentier - LOUISE "Depuis le jour"

 

MARY GARDEN, soprano

 

1926

 



1) Pelléas et Mélisande. Act 3, Scène 1: Mes longs cheveux descendent

2) Ariettes oubliées: II. Il pleure dans mon coeur III. L’ombres des arbres dans la rivière V. Green (Acquarelle n. 1)

 

Mary Garden, soprano

Claude Debussy, piano

 

(Registazioni storiche, 1904, su dischi a 78 giri)

 



Mary Garden: La Traviata ~ Quel trouble... Folie! Folie!... Sempre Libera (

 

Recorded: March 14, 1911

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Garden

 

La carrière de Mary Garden a été marquée par plusieurs tensions et rivalités, souvent amplifiées par la presse et le tempérament très affirmé de la cantatrice.

 

Rivalité avec Nellie Melba : Melba incarnait le grand style belcantiste, aristocratique et vocalement virtuose. Garden, au contraire, défendait un chant plus dramatique, psychologique et moderne. Melba était associée à une tradition vocale prestigieuse et conservatrice. Garden était perçue comme audacieuse, indépendante, parfois provocante. À l’époque de leurs carrières à Londres et aux États-Unis, la presse aimait opposer leurs styles. Garden elle-même critiquait le chant « décoratif » au profit de l’expressivité dramatique. Il ne s’agissait pas toujours d’attaques directes constantes, mais d’une rivalité symbolique entre deux conceptions de l’opéra.

 

Tensions avec Geraldine Farrar : À Chicago et au Metropolitan Opera, la rivalité fut plus concrète. Farrar était une immense vedette américaine, très populaire. Garden, lorsqu’elle prit la direction artistique de la Chicago Opera Association, eut des relations compliquées avec plusieurs chanteurs vedettes. Les deux sopranos défendaient un jeu scénique intense, mais leurs personnalités fortes rendaient la coexistence difficile. La rivalité relevait autant de la politique interne des maisons d’opéra que de l’art lui-même.

 

Rivalités indirectes avec les grandes « divas » internationales, Emma Calvé et Luisa Tetrazzini : Ces cantatrices représentaient la tradition vocale spectaculaire que Garden ne cherchait pas à imiter. Elle s’inscrivait dans une esthétique plus symboliste et moderne, notamment avec Pelléas et Mélisande de Claude Debussy.

 

Plus qu’une « guerre de divas » permanente, la rivalité autour de Mary Garden traduisait une opposition entre chant virtuose traditionnel et interprétation dramatique moderne, un changement d’époque dans l’esthétique lyrique, a montée d’une génération d’artistes plus théâtrales et psychologiques. Garden était connue pour ses opinions tranchées et ses mémoires contiennent des jugements parfois sévères sur ses contemporaines — ce qui a contribué à forger sa réputation de diva combative.

19 février 2026

le violoniste américain d’origine hongroise, joseph szigeti, est décédé il y a 53 ans aujourd’hui

  



 

Le 19 février 1973, il y a 53 ans aujourd’hui, décédait à Lucerne (Suisse), le violoniste d’origine hongroise Joseph Szigeti. Il était âgé de 91 ans.

 

 

Le violoniste Joseph Szigeti était surtout admiré pour des qualités artistiques très particulières, davantage intellectuelles et expressives que purement virtuoses. Il était réputé pour son approche analytique des œuvres. Il cherchait à comprendre la structure, le style et le langage des compositeurs plutôt qu’à briller par la seule technique. Cela le rendait particulièrement convaincant dans Bach, Beethoven ou la musique moderne. Il a joué un rôle majeur dans la diffusion d’œuvres modernes, notamment celles de Béla Bartók, dont il fut proche. Il créa et popularisa des pièces exigeantes que beaucoup de violonistes évitaient à l’époque. Contrairement à certains virtuoses flamboyants, son jeu privilégiait : la clarté du phrasé, la précision rythmique, l’expressivité intérieure plutôt que l’effet spectaculaire. Son timbre n’était pas considéré comme le plus « séduisant », mais il servait une vision musicale très profonde.

 

Joseph Szigeti était connu pour son sérieux intellectuel et son refus des concessions au goût du public. Il défendait une interprétation fidèle au texte, réfléchie et honnête. Au-delà de la scène, il a marqué la pédagogie du violon, l’interprétation historiquement consciente avant l’heure, la redécouverte d’œuvres moins jouées du répertoire. Ses grandes qualités étaient la profondeur, l’intelligence musicale, l’engagement pour la modernité et une expression d’une grande intégrité, plus « penseur du violon » que virtuose spectaculaire.

 



Ludwig van Beethoven, Violin Concerto in D major op. 61

I Allegro ma non troppo II Larghetto III Rondo. Allegro

 

Joseph Szigeti, violino

The British Symphony Orchestra

Bruno Walter, direttore

 

London, 1932

 



ALBAN BERG, VIOLIN CONCERTO (1935) "To The Memory Of An Angel"

00:00 I. Andante / Allegretto (Scherzando) 10:20 II. Allegro / Adagio (Chorale)

 

JOSEPH SZIGETI, violin

NBC Symphony Orchestra

DIMITRIS MITROPOULOS, conductor

 

New York - live, 30.12.1945,

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Szigeti

 

La vie privée de Joseph Szigeti est relativement bien documentée, mais elle reste plus discrète que sa carrière musicale. Né à Budapest dans une famille juive hongroise, il grandit dans un environnement musical. Élève prodige, il étudie très jeune le violon et se produit en public dès l’enfance. Sa vie personnelle est marquée par des déplacements constants en Europe, puis en Amérique, liés à sa carrière. Il épouse Wanda Ostrowska, une pianiste d’origine polonaise. Le couple mène une vie cosmopolite, entre tournées internationales et résidences en Suisse et aux États-Unis. Ils ont une fille, qui s’orientera vers des activités artistiques et intellectuelles plutôt que vers la carrière de virtuose.

 

Joseph Szigeti était connu pour ses relations étroites avec des compositeurs et musiciens majeurs de son temps. Sa vie privée se confond souvent avec ce milieu artistique : amitié et collaboration avec Bela Bartok dont il défend la musique, liens avec Ernest Bloch et Ferruccio Busoni, fréquentation de milieux intellectuels, littéraires et scientifiques, notamment aux États-Unis. Il était réputé pour son caractère réfléchi, curieux et très cultivé, s’intéressant à la philosophie, à la littérature et aux sciences.

 

Comme beaucoup d’artistes européens d’origine juive, il est profondément affecté par la montée du nazisme. Il s’installe durablement en Suisse puis aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette période influence sa vie personnelle : déracinement, réseaux d’amitiés d’exilés, engagement en faveur de la musique contemporaine. Il passe ses dernières années en Suisse, dans un cadre relativement retiré. Il écrit des mémoires et enseigne, privilégiant une vie plus calme après les décennies de tournées.

18 février 2026

la mezzo-soprano française, isabelle andreani, aurait 103 ans aujourd’hui

  



 

Le 18 février 1923, il y a 103 ans aujourd’hui, naissait à Solenzara (Corse), la mezzo-soprano française, Isabelle Andreani.

 

La mezzo-soprano française Isabelle Andreani est surtout reconnue pour des qualités vocales et artistiques très marquées dans le répertoire lyrique français et européen. Voici les principales qualités qui lui sont généralement attribuées. Elle est remarquée dès sa formation pour les « qualités naturelles de sa voix » et ses prix de chant et d’art lyrique. Sa prononciation claire était particulièrement appréciée, notamment dans la mélodie française et les Lieder allemands. Elle pouvait aborder aussi bien l’opéra que l’opérette, le récital ou les œuvres concertantes. Son rôle le plus marquant reste Carmen, dont elle fut une interprète emblématique et régulière à l’Opéra de Paris et sur d’autres scènes. Elle a incarné des rôles majeurs (Charlotte, Mignon, Marina, etc.) dans de grandes productions, ce qui atteste de son impact théâtral. Elle défend aussi bien Bizet que Mozart, Weber, Poulenc ou le répertoire français de mélodie. 

 

Elle a travaillé avec de grands chefs et ensembles (Opéra de Paris, concerts Colonne, Lamoureux, ORTF). Après sa carrière scénique, elle devient professeure de chant, transmettant son expérience au Conservatoire d’Aix-en-Provence puis à Toulon. Isabelle Andréani est généralement décrite comme une mezzo-soprano : au timbre riche et naturel, à la diction très soignée, dotée d’un fort sens dramatique et capable d’aborder un répertoire varié. Son interprétation de Carmen demeure le point central de sa réputation artistique, symbole de sa personnalité vocale et scénique.

 



Isabelle Andreani, Repos Schubert

 

Club National du Disque CND 1064 enregistre ca 1960

 



Didos lament from the Opera "Dido and Aeneas" by Henry Purcell Dido: Isabelle Andreani

 

Recorded 1962

 



Isabelle Andreani - Princesse Czardas - Czardas - E.Kalman

 

Club National du Disque CND 1063 enregistre ca 1960

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Andréani_(cantatrice)

 

Les mezzo-sopranos contemporaines d’Isabelle Andréani.

 

·       Régine Crespin

o   Tessiture plus large (souvent soprano dramatique puis mezzo).

o   Projection et ampleur internationales supérieures.

o   Andréani : plus typée « mezzo lyrique française », plus centrée sur Carmen et le répertoire national.

o    

·       Rita Gorr

o   Voix plus sombre et dramatique, idéale pour Wagner et Verdi.

o   Andréani : timbre moins massif, mais plus souple dans l’opéra-comique et la mélodie.

 

·       Giulietta Simionato

o   Technique belcantiste exceptionnelle, grande virtuosité et puissance.

o   Andréani : moins spectaculaire vocalement, mais plus ancrée dans l’expressivité textuelle et le style français.

 

·       Teresa Berganza

o   Modèle de précision, élégance, agilité et style mozartien/rossinien.

o   Andréani : moins orientée vers la virtuosité, davantage vers l’incarnation dramatique (notamment Carmen).

 

·       Marilyn Horne

o   Virtuosité technique spectaculaire, graves solides, carrière mondiale.

o   Andréani : carrière plus européenne et théâtrale, moins centrée sur la performance vocale « athlétique ».

13 février 2026

la soprano américaine eileen farrell, aurait 106 ans aujourd’hui


  


 

Le 13 février 1920, naissait à Willimantic (Connecticut), la soprano américaine, Eileen Farrell.

 

La soprano américaine Eileen Farrell est surtout admirée pour un ensemble de qualités vocales et artistiques assez rares, qui lui ont permis de briller aussi bien à l’opéra qu’en concert et dans la musique populaire. Sa voix est large, riche et très projetée, capable de remplir une grande salle sans effort apparent. Son grave est solide et son médium dense, avec des aigus francs, sûrs et chaleureux, immédiatement reconnaissable. Elle est à l’aise dans des répertoires variés : Wagner, Verdi, Puccini, mais aussi musique américaine et chansons populaires. Elle a pu passer de l’opéra dramatique au jazz ou à la comédie musicale sans perdre son identité vocale. Elle possède une grande expressivité et un sens approprié du texte. Ses interprétations sont marquées par l’émotion, la sincérité et une forte présence scénique. Ella la capacité à incarner des héroïnes puissantes et tragiques. Elle a  une excellente maîtrise du souffle et de la ligne de chant. Son phrasé est élégant et naturel avec un art de nuancer : elle savait autant chanter avec puissance que dans des pianissimi très contrôlés.

 

Eileen Farrell donne une image de chanteuse indépendante, qui n’a jamais limité sa carrière à un seul style, grâce à sa forte personnalité scénique et médiatique, notamment grâce à la radio et à la télévision américaines. Elle est considérée comme une soprano dramatique au timbre opulent, remarquable par sa puissance, sa polyvalence stylistique et son intensité expressive — des qualités qui en font une figure à part dans le paysage lyrique du XX siècle.

 



Eileen Farrell "Un bel dì, vedremo" from Giacomo Puccini's "Madama Butterfly"

 

The Ed Sullivan Show September 20, 1959.

 



From the 1959 Spoleto Festival, Eileen Farrell performing the "Libera me" from Verdi's Requiem. Thomas Schippers is the conductor.

 



Richard Wagner, Tristan und Isolde « Mild und Leise »

 

Eileen Farrell, Isolde

 

https://www.youtube.com/feed/you

 

Eileen Farrell grandit dans un milieu très musical. Ses deux parents étaient chanteurs amateurs et l’encouragent tôt à développer sa voix. Cette atmosphère familiale joue un rôle important dans sa vocation artistique. Elle a été mariée et a eu une vie familiale, mais elle a toujours veillé à séparer sa sphère privée de sa carrière publique. Contrairement à de nombreuses divas de l’opéra, elle cultivait une image simple et directe, évitant les mondanités et les scandales médiatiques. Elle entretenait néanmoins des amitiés solides dans le monde musical, notamment avec des chefs et musiciens majeurs de son époque comme Leonard Bernstein. Connue pour son franc-parler et son humour, elle menait une vie assez sobre hors scène. Elle préférait l’enseignement, la vie domestique et les enregistrements à l’exposition permanente du vedettariat lyrique. Plus tard dans sa vie, elle évoquera publiquement certaines difficultés personnelles, notamment des périodes de fatigue professionnelle et de dépendance à l’alcool, dont elle a fini par se remettre. Sa décision de ne rejoindre l’Metropolitan Opera que relativement tard (au début des années 1960), alors qu’elle était déjà célèbre à la radio et en concert, reflète aussi un choix de vie : elle privilégiait l’équilibre personnel et la liberté artistique plutôt qu’une exposition permanente sur la scène lyrique.

11 février 2026

première de la symphonie n°9 d’anton bruckner, il y a 123 ans aujourd’hui



 

Le 11 février 1903, il y a 123 ans aujourd’hui, était créée à Vienne, la Symphonie n°9 d’Anton Bruckner

 

La Symphonie n°9 d’Anton Bruckner (inachevée) est souvent considérée comme l’aboutissement de son style. Bruckner l’a dédiée « au Bon Dieu », et cela s’entend. L’œuvre a une dimension quasi religieuse, proche d’une cathédrale sonore. Le ton est grave, contemplatif, souvent mystique. L’Adagio final est l’un des sommets de la musique sacrée non liturgique du XIXe siècle. Comme dans ses dernières symphonies, Bruckner construit de vastes formes, des longues progressions, des accumulation de tensions, des climax massifs suivis de silences expressifs. On a l’impression d’une construction en blocs sonores, très structurée mais respirante. La 9e annonce déjà le XXe siècle par ses harmonies audacieuses, parfois presque dissonantes, ses couleurs sombres et profondes, son importance des cuivres et des contrastes dynamiques. Certains passages préfigurent Mahler, voire Schönberg.

 

Chaque mouvement a une identité très forte : 1er mouvement : tragique, tendu, presque métaphysique ; scherzo brutal, obsessionnel, avec un rythme implacable ; adagio méditatif, douloureux, souvent perçu comme un adieu à la vie. Bruckner meurt avant d’écrire le 4e mouvement. La symphonie s’arrête sur l’Adagio, ce qui lui donne une dimension testamentaire. Beaucoup y voient une conclusion spirituelle suffisante, presque voulue. On y retrouve tout ce qui fait Bruckner, foi profonde, sens des grandes architectures, travail des cuivres, alternance de monumental et d’intime, tension entre tradition (Beethoven, Wagner) et modernité.

 

La Symphonie n°9 d’Anton Bruckner est remarquable par sa profondeur spirituelle, son architecture gigantesque, son langage harmonique avancé et son émotion quasi testamentaire.Elle est souvent considérée comme l’une des grandes symphonies « métaphysiques » de l’histoire, au même titre que la 9e de Mahler.

 



L'Orchestre national de France dirigé par Bernard Haitink interprète la Symphonie n°9 en ré mineur d'Anton Bruckner.

0:00 Début du concert 1:14 I. Feierlich, misterioso 27:14 II. Scherzo. Bewegt, lebhaft - Trio. Schell 38:22 III. Adagio. Langsam, feierlich

 

Enregistré le 23 février 2015 à l'Auditorium de la Maison de la Radio (Paris).

 



ANTON BRUCKNER Sinfonie Nr. 9 d-Moll

00:00 I. Feierlich. Misterioso 00:04 II. Scherzo. Bewegt, lebhaft - Trio. Schnell 27:44 III. Adagio. Langsam, feierlich 39:07

 

NDR Sinfonieorchester

Günter Wand, Dirigent

 

Schleswig-Holstein Musik Festival, Lübeck 2001

 



Symphonie n° 9 en ré mineur d'Anton Bruckner

00:00:00 I. Allegro moderato 00:23:54 II. Scherzo. Mouvementé, vif - Trio. Rapide 00:34:31 III. Adagio. Solennellement lent ; mais pas traînant

 

Orchestre symphonique de la WDR

Jukka-Pekka Saraste., conductor

 

Enregistré en direct le 17 septembre 2011 à la Philharmonie de Cologne.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_9_de_Bruckner

 

Anton Bruckner était sujet à de nombreuses névroses et troubles obsessionnels compulsifs, dont un besoin de compter tout et n’importe quoi : les feuilles sur un arbre et les brins d'herbe, les fenêtres d’un immeuble, les pavés d’une rue et bien évidemment les mesures de ses œuvres. À cela s’ajoute un mysticisme associé aux numéros et en particulier au chiffre 9, symbole de perfection mais aussi de la "malédiction de la neuvième", superstition selon laquelle chaque compositeur depuis Beethoven, meurt après la composition de sa 9ème symphonie. Après plusieurs années de révisions et de doutes, Bruckner ne termina jamais sa neuvième symphonie, qu’il dédia à Dieu.

Parmi ses différentes névroses et obsessions, Bruckner exprime une fascination marquée pour la mort et surtout pour les corps des défunts. Il garde chez lui une photo de sa mère décédée et visite régulièrement des salons funéraires et des cimetières afin d’observer les dépouilles d’inconnus. Lors du transfert en 1888 des restes de Beethoven et de Schubert au cimetière central de Vienne, Bruckner insiste pour être présent et aurait même touché les crânes des deux compositeurs. Sa propre mort n’est pas moins fascinante et Bruckner laisse de nombreuses instructions précises pour son propre corps après son décès. D'abord exposé à l'église Saint-Charles de Vienne, il est ensuite momifié par le professeur et médecin autrichien Richard Paltauf, puis transféré cinq jours plus tard au monastère de sa ville natale à Linz. Un siècle plus tard, lors des préparatifs du centenaire de Bruckner, il s’avère que corps momifié a commencé à se décomposer. Le corps de Bruckner est alors envoyé en secret en Suisse afin d’être restauré.

(Léopold Tobisch, vendredi 30 août 2024)

 

10 février 2026

la pianiste chinoise, yuja wang, a 39 ans aujourd’hui

  



 

Le 10 février 1987, il y a 39 ans aujourd’hui, naissait à Pékin, la pianiste chinoise, Yuja Wang.

 

Yuja Wang est considérée comme l’une des pianistes les plus impressionnantes de sa génération. Elle possède une technique spectaculaire : vitesse, précision, puissance et contrôle extrême du clavier. Elle peut aborder des œuvres très complexes (Rachmaninov, Prokofiev, Liszt) avec une aisance rare. Même dans les passages les plus rapides, chaque note reste lisible. Son articulation est nette et très maîtrisée, ce qui rend son interprétation particulièrement intelligible. Elle sait produire une grande variété de couleurs et de nuances, du pianissimo très délicat à des passages extrêmement puissants, sans dureté. Yuja Wang ne joue pas de manière « neutre » : elle prend des risques, propose des tempos audacieux, des contrastes forts. Cela donne des interprétations très vivantes, parfois surprenantes, mais rarement fades. Elle est capable de remplacer un programme entier à la dernière minute et de jouer des concertos très exigeants sans partition — ce qui impressionne beaucoup le monde musical. Son charisme sur scène est notable : elle dégage de l’énergie, de la concentration et une certaine audace artistique qui captent le public. Elle contribue à rendre la musique classique plus accessible et actuelle, notamment par son image, ses choix de programmes et ses collaborations.

 



Yuja Wang - Variations on the Turkish March

 



Yuja Wang:  Gershwin Rhapsody in Blue

 

Camerata Salzburg conducted by Lionel Bringuier

 

Salzburger Festspiele, Aug 12, 2016

 



Yuja Wang, Ravel, Piano Concerto in G majot

 

I. Allegramente 00:00 II. Adagio assai 08:33 III. Presto 17:23

 

Encore: Philip Glass - Études: No. 6 23:00

 

Orchestre de Paris

Klaus Mäkelä, conductor

 

Live recording: 4/10/2023 | Philharmonie de Paris.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yuja_Wang

 

Mon avis : des pianistes talentueux parcourent le monde et ce n’est pas leur faire injure que d’écrire que Martha Argerich est subjectivement la plus grande même si deux ou trois autres sont du même gabarit. Je place Yuja Wang dans un monde tout à fait à part. Avant d’être pianiste, elle est un génie de l’analyse et de l’interprétation. Et si tout passe par son regard et par son sourire - ce qui est assez rare - c’est qu’elle  renvoie a l’auditeur les tréfonds de son âme qui n’est que musique. Pour moi, LA pianiste de ce début du XXIe siècle.