Le 12 août 1938, il y a 88 ans aujourd’hui, naissait à Bayonne, le violoniste français, Gérard Poulet.
Gérard Poulet est un violoniste assez singulier dans l’école française : virtuose précoce devenu surtout un musicien de profondeur et un pédagogue exceptionnel, avec une conception du violon fortement transformée par Henryk Szeryng.
Né en 1938 et fils de Gaston Poulet — le violoniste qui créa en 1917 la Sonate de Debussy avec Debussy lui-même au piano — Gérard Poulet fut un enfant prodige : Conservatoire de Paris à 11 ans, Premier Prix très rapidement, puis Premier Grand Prix du Concours Paganini de Gênes à 18 ans. Il travailla ensuite avec Francescatti, Menuhin, Milstein et surtout Henryk Szeryng, qu’il considérait comme son véritable « père en musique ».
Sa particularité tient à quatre éléments étroitement liés. Une sonorité très pleine mais jamais démonstrative. Poulet n’appartient pas à la catégorie des violonistes qui cherchent à éblouir par la virtuosité. Sa technique considérable est mise au service de la ligne musicale, avec un jeu chantant, dense, noble et relativement dépouillé. L’influence déterminante de Szeryng. C’est particulièrement important. Poulet a lui-même expliqué qu’après son départ extrêmement précoce du Conservatoire et le début de sa carrière, il s’était techniquement « bloqué ». La rencontre avec Szeryng lui permit de reconstruire son jeu. Il alla jusqu’à dire que, sans lui, il aurait peut-être changé de métier. Une synthèse assez rare entre l’école française et une conception plus internationale du violon. Il venait naturellement de la tradition française — élégance, clarté, précision de l’archet — mais Szeryng lui apporta davantage de densité, de liberté et de profondeur sonore. C’est pourquoi il est difficile de le réduire à la seule « école française ». Un extraordinaire pédagogue. C’est probablement là que son influence dépasse sa notoriété de soliste. Professeur au Conservatoire de Paris puis très actif au Japon, il a formé ou accompagné des violonistes remarquables, parmi lesquels Renaud Capuçon, Sarah Nemtanu, Svetlin Roussev ou Guillaume Sutre.
Il y a d’ailleurs un paradoxe chez Poulet : sa réputation auprès des musiciens a souvent été supérieure à sa célébrité auprès du grand public. La presse pouvait le présenter comme « l’une des grandes personnalités du violon de sa génération en Europe », tout en constatant qu’il était relativement peu invité sur les grandes scènes symphoniques parisiennes.
Beethoven: Violin concerto in D major op.61
00:00 Ⅰ Allegro ma non troppo 24:31 Ⅱ Larghetto 33:07 Ⅲ Rondo 45:23 encore
Violin solo: Gérard Poulet
Conductor: Sho Toyohira
The live recording of Credo Symphony Orchestra 6th concert on 18th December 2021
Franck: Sonate pour violon et piano
Gérard Poulet, Violon
Pascal Devoyon, Piano






