Le 30 avril 1870, il y a 156 ans
aujourd’hui, naissait à Komarom le compositeur hongrois, Franz Lehar.
Franz Lehár
doit sa célébrité principalement à ses opérettes, un genre musical léger et
très populaire au début du XXᵉ siècle. Son œuvre la plus célèbre est sans doute La
Veuve joyeuse (1905), qui a connu un immense succès international. Cette
opérette a marqué son époque grâce à ses mélodies très accrocheuses, son
orchestration élégante et son mélange de romantisme et d’humour. Lehár est
devenu une figure majeure de l’opérette viennoise, aux côtés de compositeurs
comme Johann Strauss II. Ses œuvres ont contribué à renouveler le genre en y
apportant plus de sophistication musicale et émotionnelle. Parmi ses autres
opérettes connues, on peut citer Le Pays du sourire et Giuditta.
Franz Lehar. Giuditta«Meine
Lippen, sie küssen so heiß».Anna Netrebko
Lehár: Vilja-Lied - Elina Garanca - 2025
Franz Lehár - Lippen schweigen - Diana Damrau &
Jonas Kaufmann
Franz Lehar, Le pays du sourire, Act
II: Final · Jacques Météhen Orchestra, Rudy
Hirigoyen, Janine Ribot
Le 8 avril 1893, il y a 133 ans
aujourd’hui, était créé à Paris, le poème lyrique pour 2 voix de femme, chœur
et orchestre de Claude Debussy.
« La Demoiselle
élue » tient surtout
à sa rupture discrète mais profonde avec les codes de son époque. Contrairement
aux cantates traditionnelles, il n’y a presque pas d’action. Debussy privilégie
une atmosphère contemplative, proche d’un tableau sonore inspiré du symbolisme
et du préraphaélisme de Dante Gabriel Rossetti. Deux voix féminines (soprano et
mezzo) et un chœur exclusivement féminin créent une couleur homogène, éthérée,
presque irréelle, qui évoque le monde céleste. L’être aimé resté sur terre
n’est jamais incarné directement. Il est seulement évoqué, ce qui renforce
l’idée de distance, de rêve et d’irréalité — très novateur pour l’époque. Même
si l’œuvre est encore de jeunesse, Debussy s’éloigne déjà des cadences
traditionnelles et du discours dramatique classique. Il privilégie des enchaînements
d’accords pour leur couleur, annonçant son style impressionniste. La musique
semble ralentie, presque immobile. Il ne s’agit pas de tension et résolution,
mais de flot continu, comme une méditation.
La Demoiselle élue, for soprano, mezzo-soprano, female
chorus & orchestra, L. 62 (1887-88) reorchestrated
1902)
Librettist
: Dante Gabriel Rossetti (1828-1882)
Montserrat Caballé, soprano & Janet Coster, mezzo-soprano and
the Symphonica of London conducted by Wyn Morris
"La Damoiselle Elue", Lyric Poem after Dante
Gabriel Rossetti by Claude Debussy
1.
Beginning 2. Chorus "La Damoiselle Elue s'appuyait" 3. La Damoiselle:
"Je voudrais qu'il fut déjà près de moi" 4. Chorus "La lumière
tressaillit"
Maria Ewing (Damoiselle)
Brigitte Balleys (Récitante)
London Symphony Chorus & Orchestra
Claudio Abbado, conductor
En 1893, au
moment où Debussy compose La Demoiselle élue, sa vie privée est assez complexe
et marquée par des relations sentimentales instables, mais aussi par une
période de formation artistique intense. À cette époque, Debussy est en couple avec Gabrielle Dupont (qu’il surnomme « Gaby
»). Ils vivent ensemble dans des conditions modestes, souvent dans une certaine
précarité financière. Leur relation dure depuis la fin des années 1880, mais
elle est déjà fragile. Debussy est connu pour être émotionnellement distant et
parfois infidèle fréquente les milieux artistiques parisiens, notamment les
symbolistes. Il est très influencé par des écrivains comme Dante Gabriel
Rossetti dont le poème The Blessed Damozel inspire directement La Demoiselle
élue. Il côtoie également des figures du monde littéraire et musical, ce qui
nourrit son esthétique nouvelle, tournée vers l’impressionnisme. En 1893,
Debussy n’est pas encore célèbre. Malgré son passage au Conservatoire de Paris et
son Prix de Rome, il peine à vivre de sa musique. Il dépend parfois d’amis ou
de mécènes, ce qui ajoute une tension dans sa vie personnelle. Sur le plan
intime, Debussy est dans une phase de transition : il s’éloigne des conventions
académiques et développe une voix très personnelle. Cette évolution artistique
s’accompagne d’une certaine instabilité émotionnelle, visible dans ses
relations et son mode de vie.
Le 30 mars 1959, il y a 67 ans aujourd’hui,
naissait à Crailsheim, la clarinettiste allemande, Sabine Meyer.
Sabine Meyer est considérée comme l’une des plus
grandes interprètes par la maîtrise parfaite de la clarinette (doigté, souffle,
articulation), sa grande précision et pureté du son et sa capacité à jouer sur
différents instruments de la famille (clarinette en si♭, en la, cor de basset), ce qui témoigne d’une polyvalence
rare. Son jeu très chantant et nuancé est capable d’exprimer une large
palette d’émotions, sa sonorité est réputée pour être à la fois chaleureuse,
ronde et expressive, son sens du phrasé met en valeur la dimension lyrique de
la clarinette. Son répertoire très vaste va du baroque à la musique
contemporaine. Elle est à l’aise aussi bien en soliste qu’en musique de
chambre, qu’elle pratique intensément. Invitée par les plus grands
orchestres du monde, elle a contribué à
redonner à la clarinette une place centrale comme instrument soliste.
Professeure
reconnue, ayant formé de nombreux clarinettistes, elle a inspiré de nouvelles
œuvres et redécouvert des répertoires oubliés. Son indépendance artistique
(elle quitte rapidement l’orchestre pour une carrière solo) en fait une figure
marquante dans un milieu longtemps dominé par les hommes.
Armida Quartet and Sabine Meyer (clarinet) perform
the clarinet quintet K581 in A major by Wolfgang Amadeus Mozart
00:00 Allegro 09:03 Larghetto 14:50 Menuetto - Trio I - Trio II 21:41 Allegretto con variazioni
27.04.2019
Kursaal, Meran
Ludwig van Beethoven, Trio E flat Major Clarinet,
Violoncello and Piano, op. 38 “Grand Trio” (after the Septet, op. 20) (1805)
00:00 Titles 00:21 Adagio – Allegro con brio 09:45 Adagio cantabile 18:10 Tempo di Menuetto 21:12 Andante con Variazioni 27:50 Scherzo. Allegro molto e vivace 30:51 Andante con molto alla marcia – Presto
SABINE
MEYER, CLARINET
SOL
GABETTA, VIOLONCELLO
SEONG-JIN
CHO, PIANO
filmed
at Solsberg Festival 2020
Sabine Meyer
a été, bien involontairement, à l'origine du départ de Karajan de l'Orchestre
Philharmonique de Berlin. Le conflit couvait depuis quelque temps déjà entre le
chef et l'orchestre attaché à son principe d'autogestion. La décision,
unilatérale, du chef de nommer la clarinettiste comme soliste a été la goutte
d'eau qui a fait déborder le vase !
Le 25 mars 1867, il y a 159 ans aujourd’hui, naissait à Parme,
le chef d’orchestre italien, Arturo Toscanini
Considéré comme l’un des plus grands chefs
d’orchestre de l’histoire, Arturo Toscanini insistait sur un respect
absolu du texte musical. Contrairement à certains chefs plus “libres”, il
refusait d’ajouter des effets personnels inutiles. Il cherchait à interpréter
exactement ce que le compositeur avait écrit. Ses concerts étaient célèbres
pour leur puissance émotionnelle. Il dirigeait avec une énergie presque
électrique, capable de transmettre une tension dramatique très forte à
l’orchestre et au public. Il possédait une mémoire et une oreille incroyables.
On raconte qu’il pouvait diriger des œuvres entières par cœur et détecter la
moindre erreur dans l’orchestre. Toscanini exigeait une précision extrême. Les
musiciens devaient suivre ses indications au millimètre, ce qui donnait des
exécutions très nettes, structurées et cohérentes. Il était aussi connu pour
son intégrité : il refusait les compromis artistiques et s’opposait fermement
aux régimes autoritaires, notamment au fascisme en Italie. Ses interprétations
étaient réputées pour leur transparence : chaque ligne musicale était audible,
même dans les passages les plus complexes.Toscanini
combinait rigueur intellectuelle, intensité émotionnelle
et exigence technique, ce qui a profondément influencé la direction
d’orchestre moderne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arturo_Toscanini
Ludwig van Beethoven, Symphonie
n°9
Telecast live on April 3, 1948 over the NBC Television and
Radio Networks. NBC Symphony conducted by Arturo Toscanini. Featuring
the Robert Shaw Chorale, Anne McKnight: soprano; Jane Hobson: contralto; Irwin
Dillon: tenor; and Norman Scott: bass.
Giuseppi Verdi Messa Da Requiem
1. Requiem and Kyrie 2. Dies irae: 3. Ofertorio 4.
Sanctus 5. Agnus Dei 6. Lux aeterna 7. Libera me
Herva Nelli - soprano
Fedora Barbieri - mezzo-soprano
Giuseppe di Stefano - tenor
Cesare Siepi - bass Arturo
Toscanini, conductor
NBC Symphony Orchestra
Robert Shaw Chorale Recorded
Arturo Toscanini, conductor
Live on January 27, 1951 in Carnegie Hall, New York
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arturo_Toscanini
Toscanini
considérait Horowitz comme un pianiste exceptionnel, l’un des plus grands de
son époque. Il admirait particulièrement sa virtuosité spectaculaire, sa
sensibilité musicale, sa capacité à interpréter des œuvres avec une intensité
unique. Ils ont collaboré à plusieurs reprises, notamment dans des concertos,
et ces performances sont restées célèbres. Horowitz a épousé Wanda Toscanini,
la fille du chef. Cela a renforcé leur proximité, et Toscanini voyait en lui
non seulement un artiste, mais aussi un membre de la famille. Toscanini était
connu pour son caractère très strict et perfectionniste. Cela pouvait créer des
tensions artistiques, des attentes extrêmement élevées envers Horowitz. Mais
ces tensions n’étaient pas inhabituelles dans le monde musical, surtout avec un
chef aussi exigeant. Leur collaboration la plus célèbre reste le Concerto n° 1
de Tchaïkovski, interprété ensemble dans les années 1940 avec l’orchestre de la
NBC. Cet enregistrement est encore aujourd’hui considéré comme une référence.
Pyotr Ilych Tchaikovsky Piano Concerto No. 1 in B-flat
minor, Op. 23
1.
Allegro non troppo e molto maestoso – Allegro con spirito (00:03) 2. Andantino semplice – Prestissimo – Tempo I (19:07) 3. Allegro con fuoco – Molto meno mosso – Allegro vivo (24:55)
Vladimir Horowitz, pianist
NBC Symphony Orchestra
Arturo Toscanini, conductor
Recorded
April 25, 1943 in Carnegie Hall, New York City
Le 21 mars 1839 - 9 mars pour le calendrier Julien -,
naissait à Karevo (Russie) le compositeur russe, Modeste Moussorgski.
Modeste Moussorgski a cherché à représenter la vérité
psychologique des personnages. Dans des œuvres comme Boris Godounov, les
émotions ne sont pas idéalisées : elles sont brutes, parfois dérangeantes, mais
toujours authentiques. Contrairement aux lignes vocales très lyriques de
l’opéra traditionnel, il compose des mélodies qui épousent les inflexions
naturelles de la langue russe. Cela donne une impression de réalisme
saisissante. Sa musique peut sembler étrange ou “inachevée” selon les standards
classiques, mais cette liberté harmonique crée des atmosphères puissantes et
novatrices — en avance sur son temps. Dans les « Tableaux d’une exposition »
il peint littéralement des scènes avec le son. Chaque pièce est une image
vivante, presque visuelle. Membre du groupe des « Cinq », il refuse les
conventions occidentales strictes pour développer une musique spécifiquement
russe, plus directe et expressive. Moussorgski est un génie du réalisme
musical, capable de transformer la vie, la parole et la psychologie
humaine en son.
Modeste Moussorgski, Boris
Godounov (version Rimsky-Korsakov)
Salzburg, 1998
Berliner Philharmoniker
Musikalische Leitung: Claudio
Abbado
Inszenierung: Herbert Wernicke
Boris - Anatoli Kotscherga
Fjodor - Ruxanda Donose
Schuiski - Philip Langridge
Pimen - Alexander Morosow
Dimitri - Vladimir Galouzine
Marina - Marjana Lipovsek
Rangoni - Sergei Leiferkus
La vie amoureuse de Modeste
Moussorgskireste assez mystérieuse et
peu documentée, surtout comparée à celle de certains de ses contemporains. Il ne
s’est jamais marié et il n’existe aucune preuve solide de relation amoureuse
durable ou officielle. Contrairement à d’autres compositeurs du XIXe siècle, il
n’a laissé ni correspondances passionnées ni témoignages clairs sur une vie
sentimentale active. Certains biographes évoquent des attachements affectifs
forts, notamment une grande proximité avec des amis artistes, une relation très
marquante avec sa mère, dont la mort l’a profondément affecté — un choc
émotionnel qui a contribué à son déclin. Après la mort de sa mère, Moussorgski
sombre dans l’isolement et l’alcoolisme. Cette période rend encore moins
probable l’existence d’une vie amoureuse stable. Son comportement imprévisible
et ses difficultés financières ont aussi pu compliquer toute relation durable. Certains
historiens ont spéculé sur une possible homosexualité ou une vie affective non
conventionnelle, mais il n’existe aucune preuve directe. Ces hypothèses restent
donc très prudentes.
Le 13 mars 1845, il y a 181 ans
aujourd’hui, était créé à Leipzig, le Concerto pour Violon n°2 de Felix
Mendelssohn
Le Concerto pour
violon n°2 de Felix Mendelssohn, composé entre 1838 et 1844,
est l’un des concertos pour violon les plus aimés du répertoire romantique. Sa
popularité vient d’un équilibre remarquable entre virtuosité, lyrisme et
perfection formelle. Le concerto est célèbre pour la beauté de ses mélodies. Le
premier mouvement s’ouvre immédiatement avec le violon solo, qui expose un
thème très chantant. Le deuxième mouvement contient l’une des mélodies les plus
tendres et expressives du romantisme. Mendelssohn y montre une capacité unique
à écrire pour le violon comme une voix humaine. La partie de violon est
techniquement exigeante, mais jamais purement démonstrative : passages
rapides et brillants, doubles cordes, grande variété d’archets La virtuosité
reste toujours au service de l’expression musicale, ce qui explique pourquoi ce
concerto est autant apprécié par les musiciens que par le public. Mendelssohn
introduit plusieurs idées nouvelles qui ont influencé les concertos ultérieurs
: le violon entre presque immédiatement, sans longue introduction orchestrale ;
la cadence du premier mouvement apparaît avant la réexposition, intégrée à la
structure ; es trois mouvements sont enchaînés sans interruption. Ces
choix donnent à l’œuvre une grande fluidité dramatique. Contrairement à
certains concertos virtuoses du XIXᵉ siècle, l’orchestre n’est pas un simple
accompagnement. Il dialogue constant entre le violon et les pupitres. Les
transitions orchestrales sont très élégantes. Les couleurs sont transparentes
typiques de Mendelssohn. Le troisième mouvement est vif et joyeux avec un caractère
dansant et féerique, une énergie légère et bondissante, une écriture virtuose
mais pleine d’élégance et d’énergie. Il rappelle l’esprit des musiques de scène
de Mendelssohn comme Le Songe d’une nuit d’été. C’est pour ces raisons
que ce concerto est souvent considéré comme l’un des trois ou quatre plus
grands concertos pour violon romantiques, aux côtés de ceux de Johannes
Brahms, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Jean Sibelius.
Mendelssohn Violin Concerto E
minor Op. 64, MWV O 14
I. Allegro molto appassionato [0:05] II. Andante - Allegretto non troppo [13:26] III. Allegro molto vivace [20:52]
Violin: Hilary Hahn
Frankfurt Radio Symphony
Orchestra
Conductor: Paavo Jarvi
11th, Jun, 2012. Korean Art Centre Concert Hall,
Seoul Korea.
Julia Fischer joue le Concerto
pour violon n°2 en mi mineur de Felix Mendelssohn, aux côtés de l'Orchestre
Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung.
00:00 : début du concert 1:30 : I. Allegro molto appassionato 14:38 II. Andante 22:47 Allegro non troppo - Allegro molto vivace
Enregistré le 19 juin 2014 au Festival de
Saint-Denis.
Pour la création du Concerto,
Ferdinand David, grand violoniste et ami proche de
Mendelssohn, à qui l’œuvre était dédiée, fut le soliste et Niels Gade dirigea l’orchestre du Gewandhaus. Mendelssohn
lui-même n’a pas pu diriger ni assister à la création, car il était malade à ce
moment-là.La première a été un
immense succès. L’œuvre a immédiatement frappé par l’entrée très précoce du violon soliste (sans longue introduction
orchestrale), la cadence intégrée dans le mouvement,l’enchaînement des trois mouvements
sans pause.Ces innovations ont contribué à
faire du concerto l’un des plus célèbres du répertoire romantique pour violon.Peu après, le concerto fut rejoué,
cette fois dirigé par Mendelssohn lui-même, toujours avec
Ferdinand David au violon, confirmant son succès.
Le 12 mars 1857, il y a 169 ans
aujourd’hui, était créé à Venise, l’opéra de Giuseppe Verdi, « Simon Boccanegra ».
Simon
Boccanegra possède
plusieurs qualités qui en font une œuvre très particulière dans le répertoire
verdien. Créé en 1857 puis profondément révisé en 1881, il est souvent
considéré comme un Verdi plus mature, sombre et politique que ses opéras
précédents. Contrairement à beaucoup d’opéras romantiques centrés sur l’amour, Simon
Boccanegra explore surtout des conflits humains et politiques. Le personnage de
Boccanegra est complexe : ancien corsaire devenu doge de Gênes, partagé entre
le pouvoir, la solitude et la recherche de sa fille perdue. Les relations entre
les personnages (Boccanegra, Amelia, Fiesco, Adorno) sont ambiguës et
évolutives, ce qui donne une grande richesse dramatique.
La version
révisée de 1881 montre un Verdi à son sommet, orchestration plus subtile et
sombre que dans ses opéras de jeunesse, grande continuité dramatique où la
musique enchaîne les scènes presque sans interruption, couleurs orchestrales évoquant souvent la mer
et l’atmosphère de Gênes. Beaucoup de scènes sont empreintes d’une gravité
méditative. L’orchestre crée une ambiance maritime et politique très
particulière. On est loin du spectaculaire de Il Trvatore ou Rigoletto. Ici
tout est plus intérieur. Le final du Conseil de Gênes (Acte I dans la version
révisée) est l’un des grands moments de Verdi : conflit entre patriciens
et plébéiens, chœur puissant et orchestration dramatique. Boccanegra impose la
paix dans une scène d’une force théâtrale immense.
Le cœur de
l’œuvre est la relation père-fille entre Boccanegra et Amelia. Le moment où il
découvre qu’elle est sa fille est l’un des passages les plus émouvants de tout
Verdi. Les qualités majeures de Simon Boccanegra sont une profondeur
psychologique inhabituelle, une orchestration subtile et mature, une atmosphère
sombre et maritime unique, une grande dimension politique, des moments
d’émotion très intenses.