Le15 lai 1567, il y a 449 ans aujourd’hui, naisait
(était baptisé) à Crémone , le compositeur italien Claudio Monterverdi
Claudio
Monteverdi a été le grand pionnier du passage de la musique de la Renaissance à
la musique baroque. Son apport majeur est l’expression dramatique des émotions
par la musique. Il cherche à faire ressentir les passions humaines à travers le
contraste entre les voix et les instruments, une grande liberté expressive, l’usage
du récitatif (chant proche de la parole) et une musique au service du texte. Il
est aussi considéré comme l’un des créateurs de l’opéra moderne, notamment avec
L’Orfeo (1607), où musique et théâtre sont étroitement liés.
L' ORFEO: Favola in Musica
(1607) - Claudio Monteverdi (1567 - 1643).
(Representación de Jordi
Savall y La Capella Reial de Catalunya en el Gran Teatro del Liceo de
Barcelona, 2002)
Le 10 mai 1894, il y a 132 ans aujourd’hui,
était créé à Weimar l’opéra de Richard Strauss : « Guntram ».
« Guntram » est le premier grand opéra de Richard
Strauss, composé entre 1892 et 1893. C’est une œuvre assez rare aujourd’hui,
mais importante pour comprendre les débuts du compositeur avant ses grands
succès comme Salomé ou Der Rosenkavalier.
L’opéra se déroule dans un Moyen Âge idéalisé. Guntram
est un poète-chevalier appartenant à une confrérie spirituelle. Il défend la
liberté, l’amour et la justice, dans une ambiance influencée par le romantisme
allemand et les idéaux chevaleresques. L’ombre de Richard Wagner est très
présente. On entend des échos de Parsifal et de Die Meistersinger von Nürnberg
: grands développements orchestraux, leitmotivs, écriture vocale dense, dimension
philosophique et morale. Malgré l’influence wagnérienne, on reconnaît déjà
certains traits propres à Strauss : richesse orchestrale, couleurs harmoniques
audacieuses, tension dramatique, lyrisme expansif.
La création à Weimar en 1894, dirigée par Strauss
lui-même, fut un succès mitigé. Le livret, écrit par Strauss, a souvent été
jugé faible ou trop abstrait. Strauss lui-même prit ensuite ses distances avec
l’œuvre. Pourtant, « Guntram »reste un opéra intéressant. Il montre
la transition entre Wagner et le Strauss mature ; certains passages orchestraux
annoncent déjà les futurs chefs-d’œuvre ; le rôle-titre est très exigeant pour
le ténor.
Richard Strauss: Guntram op.25
(1893) opera in 3 Acts
L’action se déroule dans une Allemagne médiévale idéalisée.
Guntram est un chevalier-poète appartenant à une confrérie
spirituelle vouée à la paix et à la justice. Au cours d’une fête donnée par le
duc Robert, il rencontre Freihild, l’épouse malheureuse du duc. Touché par sa
détresse, Guntram dénonce publiquement la brutalité et la corruption de la
cour.
Freihild tombe amoureuse de lui et veut fuir avec lui. Mais
lorsque Robert provoque Guntram, celui-ci le tue en duel. Bien qu’il ait agi
pour défendre l’honneur et la liberté de Freihild, Guntram est accablé par la
culpabilité, car son ordre interdit la violence.
Jugé par les siens, il refuse de se justifier réellement et
accepte sa condamnation morale. Finalement, il renonce à l’amour de Freihild et
choisit une vie solitaire de pénitence et de méditation.
Le 8 mai 1863, naissait à Tutin
la soprano italienne Cesira Ferrani.
Cesira Ferrani était une soprano italienne très
réputée de la fin du XIXᵉ et du début
du XXᵉ siècle,
particulièrement admirée pour son interprétation du répertoire verdien et
vériste.Née en 1863 à Turin et morte en
1943, elle fit carrière dans les grands théâtres italiens à une époque
charnière de l’opéra italien.Elle fut
associée à des compositeurs importants comme Giuseppe Verdi et surtout Giacomo
Puccini.Elle créa notamment le rôle de Mimì
dans la première turinoise de La Bohème en 1896, sous la direction de Arturo
Toscanini. C’est l’un des épisodes les plus célèbres de sa carrière.Puccini appréciait beaucoup sa musicalité et son
expressivité dramatique ; elle fut aussi l’une des premières interprètes de
Manon dans Manon Lescaut.Sa voix était décrite comme
chaleureuse, souple et très expressive plutôt que spectaculaire par le volume
seul. Les critiques de l’époque insistaient souvent sur son intelligence
musicale et son naturel scénique.
Elle participa
à la diffusion du vérisme italien, mouvement lyrique recherchant davantage de
réalisme émotionnel et dramatique.Comme beaucoup de chanteurs de cette génération, il
existe peu d’enregistrements exploitables aujourd’hui, ce qui explique qu’elle
soit moins connue du grand public que certaines contemporaines plus tardives.On la retrouve cependant dans l’histoire de l’opéra
comme une figure importante des débuts de Puccini et de la tradition lyrique
italienne de transition entre Verdi et le vérisme.
Cesira Ferrani - Sì. Mi Chiamano
Mimì - 1903 - from 78 RPM
0:00
Puccini: Manon Lescaut: In quelle trine morbide (she created this role) 2:04
Puccini: Manon Lescaut: L’ora o Tirsi 3:35
Puccini: La Bohème: Sì mi chiamano Mimi (she created this role) 6:15
Puccini: La Bohème: Addio senza rancor 8:46
Boito: Mefistofele: L’altra notte 11:00
Gounod: Faust: Il se fait tard (with Giovanni Apostolu, tenor)
Les informations connues sur la vie
privée de Cesira Ferrani sont assez limitées. Contrairement à certaines grandes
divas de son époque, elle n’a pas laissé une abondante correspondance publiée
ni fait l’objet de biographies très détaillées centrées sur sa vie personnelle.
Elle était née à Turin sous le nom de Cesira Zanazzio (ou Zanazio selon
certaines sources). Sa carrière fut principalement italienne, avec une forte
présence à Turin, Milan et dans les grands théâtres de la péninsule. Les
sources historiques parlent surtout de son activité artistique, de ses
relations professionnelles avec Giacomo Puccini et Arturo Toscanini, et
beaucoup moins de sa famille. Elle semble avoir mené une vie relativement
discrète hors scène, sans les scandales mondains parfois associés aux
chanteuses célèbres de la Belle Époque. Après sa retraite de la scène, elle
aurait enseigné le chant et vécu principalement en Italie du Nord.
Le 4 mai 1873 naissait à
Chalon-sur-Saône le compositeur français Omer Letorey.
Malgré son
talent, Omer Letorey est très peu présent dans les programmes, sans doute parce
qu’il arrive dans une période dominée par des figures écrasantes comme Claude
Debussy, Maurice Ravel ou encore Gabriel Fauré. Sa musique est souvent décrite
comme élégante, bien écrite, mais pas assez radicale pour marquer une rupture.
Dans l’histoire de la musique, ce sont souvent les compositeurs qui innovent
fortement ou qui ont une identité très distinctive qui restent. Contrairement à
d’autres, Omer Letorey n’a pas d’œuvre devenue incontournable dans les
conservatoires ou les salles de concert. Sans pièce emblématique, un
compositeur a plus de mal à s’imposer durablement. La diffusion moderne passe
beaucoup par les disques et aujourd’hui le streaming. Or, son catalogue est peu
enregistré, donc peu accessible, ce qui entretient le cercle vicieux de
l’oubli. Certains compositeurs sont portés après leur mort par des élèves, des
institutions ou des chefs d’orchestre. Omer Letorey n’a pas bénéficié d’un tel
“lobby artistique”.
The sacred song "Maria
Mater Gratiae" by French composer Omer Letorey. The soloist is Stephen
Schmall.This performance was recorded
at high mass on May 5, 1991.
Georges Thill « La Fontaine de
Caraouet » Edmond
Rostand Omer Letorey Columbia LF 250
enegistré
La vie privée de Omer Letorey est assez
discrète, et c’est en partie pour ça qu’il reste une figure peu connue
aujourd’hui. On dispose de très peu d’informations détaillées sur sa vie
personnelle (relations, famille, etc.), contrairement à des compositeurs comme Claude
Debussy ou Maurice Ravel dont la correspondance et les témoignages ont été
abondamment conservés et étudiés. Omer Letorey a été formé au Conservatoire de
Paris, où il a ensuite fait carrière. Une grande partie de sa vie s’est
déroulée dans ce cadre institutionnel, ce qui laisse penser à une existence
assez stable et tournée vers le travail artistique et pédagogique. Contrairement
à certains compositeurs de son époque, on ne lui connaît pas d’épisodes
personnels très marquants (scandales, grandes passions médiatisées, exil,
etc.). Cela ne veut pas dire qu’il n’en a pas eu, mais simplement qu’ils n’ont
pas été documentés ou transmis. Le vrai problème, c’est surtout l’absence de
documents accessibles : peu de lettres publiées, peu d’études biographiques
approfondies. En histoire de la musique, ça joue énormément, ce qu’on ne
documente pas finit souvent par disparaître. Sa vie privée reste largement dans
l’ombre, non pas forcément parce qu’elle était vide ou banale, mais parce
qu’elle n’a pas été conservée ni relayée.
Le 30 avril 1870, il y a 156 ans
aujourd’hui, naissait à Komarom le compositeur hongrois, Franz Lehar.
Franz Lehár
doit sa célébrité principalement à ses opérettes, un genre musical léger et
très populaire au début du XXᵉ siècle. Son œuvre la plus célèbre est sans doute La
Veuve joyeuse (1905), qui a connu un immense succès international. Cette
opérette a marqué son époque grâce à ses mélodies très accrocheuses, son
orchestration élégante et son mélange de romantisme et d’humour. Lehár est
devenu une figure majeure de l’opérette viennoise, aux côtés de compositeurs
comme Johann Strauss II. Ses œuvres ont contribué à renouveler le genre en y
apportant plus de sophistication musicale et émotionnelle. Parmi ses autres
opérettes connues, on peut citer Le Pays du sourire et Giuditta.
Franz Lehar. Giuditta«Meine
Lippen, sie küssen so heiß».Anna Netrebko
Lehár: Vilja-Lied - Elina Garanca - 2025
Franz Lehár - Lippen schweigen - Diana Damrau &
Jonas Kaufmann
Franz Lehar, Le pays du sourire, Act
II: Final · Jacques Météhen Orchestra, Rudy
Hirigoyen, Janine Ribot
Le 8 avril 1893, il y a 133 ans
aujourd’hui, était créé à Paris, le poème lyrique pour 2 voix de femme, chœur
et orchestre de Claude Debussy.
« La Demoiselle
élue » tient surtout
à sa rupture discrète mais profonde avec les codes de son époque. Contrairement
aux cantates traditionnelles, il n’y a presque pas d’action. Debussy privilégie
une atmosphère contemplative, proche d’un tableau sonore inspiré du symbolisme
et du préraphaélisme de Dante Gabriel Rossetti. Deux voix féminines (soprano et
mezzo) et un chœur exclusivement féminin créent une couleur homogène, éthérée,
presque irréelle, qui évoque le monde céleste. L’être aimé resté sur terre
n’est jamais incarné directement. Il est seulement évoqué, ce qui renforce
l’idée de distance, de rêve et d’irréalité — très novateur pour l’époque. Même
si l’œuvre est encore de jeunesse, Debussy s’éloigne déjà des cadences
traditionnelles et du discours dramatique classique. Il privilégie des enchaînements
d’accords pour leur couleur, annonçant son style impressionniste. La musique
semble ralentie, presque immobile. Il ne s’agit pas de tension et résolution,
mais de flot continu, comme une méditation.
La Demoiselle élue, for soprano, mezzo-soprano, female
chorus & orchestra, L. 62 (1887-88) reorchestrated
1902)
Librettist
: Dante Gabriel Rossetti (1828-1882)
Montserrat Caballé, soprano & Janet Coster, mezzo-soprano and
the Symphonica of London conducted by Wyn Morris
"La Damoiselle Elue", Lyric Poem after Dante
Gabriel Rossetti by Claude Debussy
1.
Beginning 2. Chorus "La Damoiselle Elue s'appuyait" 3. La Damoiselle:
"Je voudrais qu'il fut déjà près de moi" 4. Chorus "La lumière
tressaillit"
Maria Ewing (Damoiselle)
Brigitte Balleys (Récitante)
London Symphony Chorus & Orchestra
Claudio Abbado, conductor
En 1893, au
moment où Debussy compose La Demoiselle élue, sa vie privée est assez complexe
et marquée par des relations sentimentales instables, mais aussi par une
période de formation artistique intense. À cette époque, Debussy est en couple avec Gabrielle Dupont (qu’il surnomme « Gaby
»). Ils vivent ensemble dans des conditions modestes, souvent dans une certaine
précarité financière. Leur relation dure depuis la fin des années 1880, mais
elle est déjà fragile. Debussy est connu pour être émotionnellement distant et
parfois infidèle fréquente les milieux artistiques parisiens, notamment les
symbolistes. Il est très influencé par des écrivains comme Dante Gabriel
Rossetti dont le poème The Blessed Damozel inspire directement La Demoiselle
élue. Il côtoie également des figures du monde littéraire et musical, ce qui
nourrit son esthétique nouvelle, tournée vers l’impressionnisme. En 1893,
Debussy n’est pas encore célèbre. Malgré son passage au Conservatoire de Paris et
son Prix de Rome, il peine à vivre de sa musique. Il dépend parfois d’amis ou
de mécènes, ce qui ajoute une tension dans sa vie personnelle. Sur le plan
intime, Debussy est dans une phase de transition : il s’éloigne des conventions
académiques et développe une voix très personnelle. Cette évolution artistique
s’accompagne d’une certaine instabilité émotionnelle, visible dans ses
relations et son mode de vie.
Le 30 mars 1959, il y a 67 ans aujourd’hui,
naissait à Crailsheim, la clarinettiste allemande, Sabine Meyer.
Sabine Meyer est considérée comme l’une des plus
grandes interprètes par la maîtrise parfaite de la clarinette (doigté, souffle,
articulation), sa grande précision et pureté du son et sa capacité à jouer sur
différents instruments de la famille (clarinette en si♭, en la, cor de basset), ce qui témoigne d’une polyvalence
rare. Son jeu très chantant et nuancé est capable d’exprimer une large
palette d’émotions, sa sonorité est réputée pour être à la fois chaleureuse,
ronde et expressive, son sens du phrasé met en valeur la dimension lyrique de
la clarinette. Son répertoire très vaste va du baroque à la musique
contemporaine. Elle est à l’aise aussi bien en soliste qu’en musique de
chambre, qu’elle pratique intensément. Invitée par les plus grands
orchestres du monde, elle a contribué à
redonner à la clarinette une place centrale comme instrument soliste.
Professeure
reconnue, ayant formé de nombreux clarinettistes, elle a inspiré de nouvelles
œuvres et redécouvert des répertoires oubliés. Son indépendance artistique
(elle quitte rapidement l’orchestre pour une carrière solo) en fait une figure
marquante dans un milieu longtemps dominé par les hommes.
Armida Quartet and Sabine Meyer (clarinet) perform
the clarinet quintet K581 in A major by Wolfgang Amadeus Mozart
00:00 Allegro 09:03 Larghetto 14:50 Menuetto - Trio I - Trio II 21:41 Allegretto con variazioni
27.04.2019
Kursaal, Meran
Ludwig van Beethoven, Trio E flat Major Clarinet,
Violoncello and Piano, op. 38 “Grand Trio” (after the Septet, op. 20) (1805)
00:00 Titles 00:21 Adagio – Allegro con brio 09:45 Adagio cantabile 18:10 Tempo di Menuetto 21:12 Andante con Variazioni 27:50 Scherzo. Allegro molto e vivace 30:51 Andante con molto alla marcia – Presto
SABINE
MEYER, CLARINET
SOL
GABETTA, VIOLONCELLO
SEONG-JIN
CHO, PIANO
filmed
at Solsberg Festival 2020
Sabine Meyer
a été, bien involontairement, à l'origine du départ de Karajan de l'Orchestre
Philharmonique de Berlin. Le conflit couvait depuis quelque temps déjà entre le
chef et l'orchestre attaché à son principe d'autogestion. La décision,
unilatérale, du chef de nommer la clarinettiste comme soliste a été la goutte
d'eau qui a fait déborder le vase !