13 mars 2026

première du concerto pour violon n°2 de félix mendelssohn, il y a 181 an aujourd’hui



 

Le 13 mars 1845, il y a 181 ans aujourd’hui, était créé à Leipzig, le Concerto pour Violon n°2 de Felix Mendelssohn

 

Le Concerto pour violon n°2 de Felix Mendelssohn, composé entre 1838 et 1844, est l’un des concertos pour violon les plus aimés du répertoire romantique. Sa popularité vient d’un équilibre remarquable entre virtuosité, lyrisme et perfection formelle. Le concerto est célèbre pour la beauté de ses mélodies. Le premier mouvement s’ouvre immédiatement avec le violon solo, qui expose un thème très chantant. Le deuxième mouvement contient l’une des mélodies les plus tendres et expressives du romantisme. Mendelssohn y montre une capacité unique à écrire pour le violon comme une voix humaine. La partie de violon est techniquement exigeante, mais jamais purement démonstrative : passages rapides et brillants, doubles cordes, grande variété d’archets La virtuosité reste toujours au service de l’expression musicale, ce qui explique pourquoi ce concerto est autant apprécié par les musiciens que par le public. Mendelssohn introduit plusieurs idées nouvelles qui ont influencé les concertos ultérieurs : le violon entre presque immédiatement, sans longue introduction orchestrale ; la cadence du premier mouvement apparaît avant la réexposition, intégrée à la structure ; es trois mouvements sont enchaînés sans interruption. Ces choix donnent à l’œuvre une grande fluidité dramatique. Contrairement à certains concertos virtuoses du XIX siècle, l’orchestre n’est pas un simple accompagnement. Il dialogue constant entre le violon et les pupitres. Les transitions orchestrales sont très élégantes. Les couleurs sont transparentes typiques de Mendelssohn. Le troisième mouvement est vif et joyeux avec un caractère dansant et féerique, une énergie légère et bondissante, une écriture virtuose mais pleine d’élégance et d’énergie. Il rappelle l’esprit des musiques de scène de Mendelssohn comme Le Songe d’une nuit d’été. C’est pour ces raisons que ce concerto est souvent considéré comme l’un des trois ou quatre plus grands concertos pour violon romantiques, aux côtés de ceux de Johannes Brahms, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Jean Sibelius.

 



Mendelssohn Violin Concerto E minor Op. 64, MWV O 14

I. Allegro molto appassionato [0:05] II. Andante - Allegretto non troppo [13:26] III. Allegro molto vivace [20:52]

 

Violin: Hilary Hahn

Frankfurt Radio Symphony Orchestra

Conductor: Paavo Jarvi

 

11th, Jun, 2012. Korean Art Centre Concert Hall, Seoul Korea.

 



Julia Fischer joue le Concerto pour violon n°2 en mi mineur de Felix Mendelssohn, aux côtés de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung.

00:00 : début du concert 1:30 : I. Allegro molto appassionato 14:38 II. Andante 22:47 Allegro non troppo - Allegro molto vivace

 

Enregistré le 19 juin 2014 au Festival de Saint-Denis.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Concerto_pour_violon_no_2_de_Mendelssohn

 

Pour la création du Concerto, Ferdinand David, grand violoniste et ami proche de Mendelssohn, à qui l’œuvre était dédiée, fut le soliste et Niels Gade dirigea l’orchestre du Gewandhaus. Mendelssohn lui-même n’a pas pu diriger ni assister à la création, car il était malade à ce moment-là. La première a été un immense succès. L’œuvre a immédiatement frappé par l’entrée très précoce du violon soliste (sans longue introduction orchestrale), la cadence intégrée dans le mouvement, l’enchaînement des trois mouvements sans pause. Ces innovations ont contribué à faire du concerto l’un des plus célèbres du répertoire romantique pour violon. Peu après, le concerto fut rejoué, cette fois dirigé par Mendelssohn lui-même, toujours avec Ferdinand David au violon, confirmant son succès. 


12 mars 2026

première de « simon boccanegra », opéra de guiseppe verdi, il y a 169 ans aujourd’hui

  



 

Le 12 mars 1857, il y a 169 ans aujourd’hui, était créé à Venise, l’opéra de Giuseppe Verdi, « Simon Boccanegra ».

 

Simon Boccanegra possède plusieurs qualités qui en font une œuvre très particulière dans le répertoire verdien. Créé en 1857 puis profondément révisé en 1881, il est souvent considéré comme un Verdi plus mature, sombre et politique que ses opéras précédents. Contrairement à beaucoup d’opéras romantiques centrés sur l’amour, Simon Boccanegra explore surtout des conflits humains et politiques. Le personnage de Boccanegra est complexe : ancien corsaire devenu doge de Gênes, partagé entre le pouvoir, la solitude et la recherche de sa fille perdue. Les relations entre les personnages (Boccanegra, Amelia, Fiesco, Adorno) sont ambiguës et évolutives, ce qui donne une grande richesse dramatique.

 

La version révisée de 1881 montre un Verdi à son sommet, orchestration plus subtile et sombre que dans ses opéras de jeunesse, grande continuité dramatique où la musique enchaîne les scènes presque sans interruption,  couleurs orchestrales évoquant souvent la mer et l’atmosphère de Gênes. Beaucoup de scènes sont empreintes d’une gravité méditative. L’orchestre crée une ambiance maritime et politique très particulière. On est loin du spectaculaire de Il Trvatore ou Rigoletto. Ici tout est plus intérieur. Le final du Conseil de Gênes (Acte I dans la version révisée) est l’un des grands moments de Verdi : conflit entre patriciens et plébéiens, chœur puissant et orchestration dramatique. Boccanegra impose la paix dans une scène d’une force théâtrale immense.

 

Le cœur de l’œuvre est la relation père-fille entre Boccanegra et Amelia. Le moment où il découvre qu’elle est sa fille est l’un des passages les plus émouvants de tout Verdi. Les qualités majeures de Simon Boccanegra sont une profondeur psychologique inhabituelle, une orchestration subtile et mature, une atmosphère sombre et maritime unique, une grande dimension politique, des moments d’émotion très intenses.

 



Giuseppe Verdi, Simon Boccanegra

 

Simon Boccanegra: Frank Guarrera

Amelia: Zinka Milanov

Gabriele Adorno: Carlo Bergonzi

Jacopo Fiesco: Giorgio Tozzi

Paolo Albiani: Ezio Flagello

 

Metropolitan Opera, New York

Conductor: Dimitri Mitropoulos

 

New York April 2, 1960

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Boccanegra

03 mars 2026

première de da symphonie n°101 « l’horloge » de joseph haydn, il y a 232 ans aujourd’hui



 

Le 3 mars 1794, il y a 232 ans aujourd’hui, était créée à Londres, la Symphonie n°101 « L’horloge », de Joseph, Haydn.

 

La Symphonie n°101 en ré majeur, dite « L’Horloge », de Joseph Haydn est l’une de ses œuvres les plus célèbres. Composée en 1793–1794 lors de son second séjour à Londres, elle fait partie des Symphonies londoniennes (nos 93 à 104). Le surnom « L’Horloge » vient du deuxième mouvement, où l’on entend un rythme régulier tic-tac dans les cordes et le basson. Ce motif est simple mais très efficace. Il crée une atmosphère à la fois mécanique, élégante et légèrement ironique. Haydn joue avec cette régularité en la modifiant subtilement, ce qui maintient l’intérêt. Dans cette symphonie, il introduit des contrastes soudains de dynamique, il détourne les attentes harmoniques, il alterne passages gracieux et moments plus dramatiques. Cet humour musical était très apprécié du public londonien.

L’orchestration est riche et équilibrée : dialogue entre vents et cordes, utilisation expressive des bassons et des flûtes, clarté des textures, typique du classicisme viennois. Haydn montre ici sa parfaite maîtrise de l’orchestre. La symphonie respecte la forme classique en quatre mouvements : Adagio – Presto : introduction lente solennelle suivie d’un mouvement vif énergique. Andante : le fameux mouvement « horloge ». Menuet et Trio : robuste et presque rustique. Finale (Vivace) : brillant, entraînant et très structuré. L’équilibre entre rigueur formelle et inventivité est remarquable. Cette symphonie illustre parfaitement l’élégance et la clarté du style classique, le sens de la proportion, la capacité à allier simplicité thématique et grande richesse expressive.

 



HAYDN: Symphony No. 101 in D major "The Clock"

I. Adagio. Presto 7:26 II. Andante 7:46 III. Menuet. Allegretto. Trio 7:08 IV. Finale. Vivace 4:23 아르투로 토스카니니 (지휘)

 

New York Philharmonic

Arturo Toscanini, conductor

 

1929/03/29 & 30 Mono, Carnegie Hall, New York

 



Symphonie n°101, Hob. I: 101 de J. Haydn

00:16 - I Adagio, Presto 08:55 - II Andante 16:19 - III Menuet et Trio - Allegretto 23:16 - IV Finale - Vivace

 

Orchestre Komos

Ensemble amateur parisien jouant sans chef d'orchestre

Violon solo : Marc Girardin - Répétiteur : Pierre Otzenberger

 

Concerts enregistrés les 16 et 17 mai 2025 en la Chapelle de la Fondation Eugène Napoléon, Paris XII

 

https://youtu.be/kgsem9GC31M?si=cJK59n06FCipZ8Ld

 

Le rapport entre Joseph Haydn et la symphonie est fondamental : il est considéré comme le « père de la symphonie ». Il a fixé la forme classique de la symphonie et a a contribué à stabiliser sa structure en quatre mouvements : 1. Mouvement rapide (souvent en forme sonate), 2. Mouvement lent, 3. Menuet (puis scherzo chez Beethoven), 4.Finale rapide Cette organisation devient le modèle de la symphonie classique. Haydn a écrit 104 symphonies, ce qui lui a permis d’expérimenter et d’affiner progressivement la forme. Il a enrichit progressivement l’orchestre (ajout de clarinettes, importance des vents) et développe le dialogue entre les instruments, donnant à la symphonie plus de profondeur et de dynamisme. Ses innovations ont influencé Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven. Beethoven, notamment, part du modèle haydnien pour élargir et transformer la symphonie. Haydn n’a pas inventé la symphonie, mais il lui a donné sa forme classique et son équilibre, ce qui en fait une figure essentielle dans l’histoire de ce genre musical.

25 février 2026

première du konzertstïck pour 4 cors et orchestre de rober schumann, il y a 176 ans aujourd’hui

  



 

Le 25 février 1850, il y a 176 ans aujourd’hui, était créé à Leipzig, le Konzertstüch pour 4 cors et orchestre de Robert Schumann.

 

Le Konzertstück pour 4 cors et orchestre de Robert Schumann (1849) est une œuvre unique dans le répertoire romantique. À l’époque, écrire pour quatre cors solistes était audacieux. Le cor naturel, encore largement utilisé, rendait l’écriture virtuose particulièrement risquée. Schumann exploite la richesse harmonique du quatuor de cors, les contrastes entre puissance héroïque et lyrisme intime, les effets d’écho et de dialogue entre les solistes. Cela donne une couleur orchestrale chaleureuse et noble, typiquement romantique. L’œuvre repousse les limites techniques du cor : passages rapides et traits agiles, grandes lignes lyriques chantantes, sauts d’intervalles exigeants, jeu dans l’aigu audacieux pour l’époque. Schumann profite des progrès récents du cor à pistons, ce qui permet une plus grande liberté chromatique. Les mouvements s’enchaînent sans interruption : Lebhaft – énergique et héroïque, Romanze – expressif et chantant, Sehr lebhaft – brillant et triomphant. Cette continuité renforce l’unité dramatique et donne à l’œuvre un élan quasi symphonique. On retrouve les qualités propres au style de Schumann : mélodies expressives et introspectives, harmonies riches et parfois audacieuses, alternance entre élans passionnés et moments plus rêveurs. La Romanze centrale est particulièrement admirée pour sa poésie et sa douceur. Contrairement à un concerto traditionnel, les quatre cors forment un ensemble soliste collectif. L’orchestre ne se contente pas d’accompagner. Il dialogue activement avec les cors. Il participe au développement thématique. Il renforce les climats émotionnels

 

Le Konzertstück est aujourd’hui une pièce majeure du répertoire pour cor. Peu d’œuvres mettent en valeur l’instrument avec une telle ampleur romantique.

 



Robert Schumann: Concertpiece for Four Horns and Orchestra, Op. 86

I. Lebhaft 1:02 II. Romanze: Ziemlich langsam, doch nicht schleppend 8:30 III. Sehr lebhaft 13:05

 

Matías Piñeira Maria Teiwes Mia Schwarzfischer Christina Hambach, cors

Munich Philharmonic Orchestra

Valery Gergiev, conductor

 

Recorded at the Gasteig Philharmonie on May 21st, 2021

 



Ossian Horn Quartet's live performance of Schumann's Konzertstück for Four Horns and Orchestra. Mitchell McCrady, Adrienne Schroeder, Marcus Redden, and Sara Ford,

cors

 

February 22nd, 2015. Indiana University Jacob's School of Music Recital Hall

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Konzertstück_for_Four_Horns_and_Orchestra

 

Au moment de la composition du Konzertstück pour 4 cors et orchestre en fa majeur, op. 86 (1849), la vie privée de Robert Schumann est marquée par un mélange d’enthousiasme créatif intense et de fragilité psychologique. Il vit à Dresde avec son épouse, la pianiste et compositrice Clara Schumann, et leurs enfants (ils en auront huit au total). Leur mariage, célébré en 1840 après une longue lutte contre le père de Clara, est fondé sur un profond amour, mais aussi sur des tensions liées aux difficultés financières, aux nombreuses grossesses de Clara, à la carrière de concertiste internationale de celle-ci, et surtout à la santé mentale fragile de Robert. 1849 est une année paradoxale. Schumann traverse des crises d’angoisse, des épisodes dépressifs et des troubles auditifs (acouphènes). Il souffre d’une instabilité psychique qui s’aggravera jusqu’à sa tentative de suicide en 1854. Pourtant, cette année est aussi l’une des plus productives de sa carrière : il compose énormément (symphonies, musique de chambre, œuvres chorales). Le Konzertstück, écrit rapidement en février 1849, reflète cette énergie créatrice intense. L’œuvre est brillante, héroïque, presque triomphale — certains y voient un contraste frappant avec son état intérieur fragile. L’œuvre est dédiée à quatre cornistes de l’orchestre de la cour de Dresde et exploite les possibilités techniques du cor à pistons, encore relativement nouveau à l’époque. Schumann s’enthousiasme pour ces innovations sonores. À cette période, il est aussi marqué par l’agitation politique : les soulèvements révolutionnaires de 1848–1849 touchent Dresde, ce qui oblige temporairement la famille à se réfugier hors de la ville.

 

 


23 février 2026

première du poème symphonique « les préludes » de franz liszt, il y a 172 ans aujourd’hui

  



 

Le 23 février 1854, il y a 172 ans aujourd’hui, était créé à Weimar le poème symphonique « Les Préludes » de Franz Liszt.

 

Le poème symphonique Les Préludes de Franz Liszt est particulièrement original pour plusieurs raisons, tant sur le plan formel qu’esthétique. Liszt est le véritable créateur du poème symphonique : une œuvre orchestrale en un seul mouvement, inspirée par un programme littéraire ou philosophique. Contrairement à la symphonie classique  qui est divisée en plusieurs mouvements, Les Préludes se joue d’un seul tenant, suit une idée poétique, cherche à traduire un contenu extra-musical (ici une méditation sur la vie). L’œuvre s’inspire d’un texte d’Alphonse de Lamartine tiré des Nouvelles Méditations poétiques. Elle a pour thème central « la vie est-elle autre chose qu’une série de préludes à la mort ? » La musique illustre différentes étapes de l’existence : amour, tempêtes / épreuves, retraite paisible, combat héroïque. C’est une musique narrative et philosophique, pas seulement abstraite. L’originalité majeure réside dans la transformation thématique. Un thème principal apparaît au début. Il est ensuite transformé (rythme, tonalité, caractère). Il devient tour à tour lyrique, dramatique, héroïque. Plutôt que d’opposer plusieurs thèmes contrastés (comme dans la forme sonate classique), Liszt développe une idée unique qui évolue — un procédé très novateur au milieu du XIXe siècle. Liszt utilise des contrastes dynamiques marqués, des couleurs orchestrales variées, des effets dramatiques puissants. L’orchestre devient un véritable moyen de narration émotionnelle. Les Préludes incarne pleinement l’esthétique romantique : primauté de l’expression, lien entre musique et littérature, quête du sublime et du dramatique, individualisme artistique. L’originalité de Les Préludes tient à la forme nouvelle du poème symphonique, le programme littéraire explicite, la transformation thématique, l’unité dramatique en un seul mouvement, l’expressivité romantique intense C’est une œuvre charnière qui a profondément influencé la musique symphonique de la fin du XIXe siècle.

 



Les Préludes (Franz Liszt).

 

Daniel Barenboim mit Berlin Philharmoniker

 

Staatsoper Berlin (1998).

 



Liszt: Les préludes, Symphonic Poem No. 3, S. 97

 

Berliner Philharmoniker

Herbert von Karajan, conductor

 

1968 Deutsche Grammophon GmbH, Berlin

 



Franz Liszt, Les préludes, Poème symphonique No. 3, S. 97

 

Orchestre National de l'Opéra de Monte-Carlo

Paul Paray, direction

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Préludes

 

Au moment où Franz Liszt compose Les Préludes (vers 1848–1854), sa vie privée est particulièrement intense et mouvementée.  Sa relation avec Marie d’Agoult se détériore et ils se séparent définitivement en 1844, sur fond de jalousie, de tensions financières et de différences de caractère. À partir de 1847, Liszt entame une relation avec Carolyne zu Sayn-Wittgenstein. Elle est princesse polonaise, mariée mais séparée. Très cultivée, profondément religieuse, elle pousse Liszt à abandonner sa carrière de virtuose itinérant. C’est elle qui l’encourage à s’installer à Weimar en 1848 où Liszt fut nommé maître de chapelle. C’est une période plus stable, plus intellectuelle. Il compose alors ses grands poèmes symphoniques, dont Les Préludes.  Liszt est alors installé avec Carolyne à Weimar. Il vit une relation intense mais intellectuelle et religieuse. Il cherche à se réinventer comme compositeur sérieux. Il s’éloigne de la vie mondaine et des aventures sentimentales de sa jeunesse. Cependant, Carolyne ne parviendra jamais à faire annuler officiellement son mariage. Leur projet de mariage en 1861 échouera au dernier moment sous la pression du Vatican.

20 février 2026

la soprano écossaise, mary garden, aurait 152 ans aujourd’hui


  


 

Le 20 février 1874, il y a 152 ans aujourd’hui, naissait à Aberdeen, la soprano écossaise, Mary Garden.

 

La soprano écossaise  Mary Garden, était l’une des figures les plus marquantes de l’opéra au début du XX siècle. Elle était célèbre pour son jeu scénique intense et moderne. Elle incarnait ses rôles avec un réalisme psychologique rare pour l’époque, rompant avec le style plus statique et conventionnel du XIX siècle. Elle privilégiait l’expressivité et la vérité émotionnelle. Bien qu’écossaise, elle fit l’essentiel de sa carrière en France et maîtrisait parfaitement la langue et le style français. Elle fut la créatrice de plusieurs rôles importants, notamment, Mélisande dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902), rôle qu’elle contribua à rendre légendaire ; le rôle-titre de Thaïs de Jules Massenet (elle en donna une interprétation sensuelle et nuancée). Elle créa aussi le rôle-titre de Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas. Sa voix n’était pas la plus volumineuse ni la plus spectaculaire techniquement, mais elle était claire et souple, dotée d’un timbre lumineux, extrêmement expressive, capable de fines nuances et de subtilités dynamiques. Elle compensait toute limite vocale par une intelligence musicale et dramatique remarquable.

 

Mary Garden était réputée pour son tempérament affirmé. Elle choisissait ses rôles avec soin, défendait la musique contemporaine et imposait une forte personnalité artistique. Elle contribua à moderniser l’art lyrique en mettant l’accent sur la cohérence dramatique.

 



Gustave Charpentier - LOUISE "Depuis le jour"

 

MARY GARDEN, soprano

 

1926

 



1) Pelléas et Mélisande. Act 3, Scène 1: Mes longs cheveux descendent

2) Ariettes oubliées: II. Il pleure dans mon coeur III. L’ombres des arbres dans la rivière V. Green (Acquarelle n. 1)

 

Mary Garden, soprano

Claude Debussy, piano

 

(Registazioni storiche, 1904, su dischi a 78 giri)

 



Mary Garden: La Traviata ~ Quel trouble... Folie! Folie!... Sempre Libera (

 

Recorded: March 14, 1911

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Garden

 

La carrière de Mary Garden a été marquée par plusieurs tensions et rivalités, souvent amplifiées par la presse et le tempérament très affirmé de la cantatrice.

 

Rivalité avec Nellie Melba : Melba incarnait le grand style belcantiste, aristocratique et vocalement virtuose. Garden, au contraire, défendait un chant plus dramatique, psychologique et moderne. Melba était associée à une tradition vocale prestigieuse et conservatrice. Garden était perçue comme audacieuse, indépendante, parfois provocante. À l’époque de leurs carrières à Londres et aux États-Unis, la presse aimait opposer leurs styles. Garden elle-même critiquait le chant « décoratif » au profit de l’expressivité dramatique. Il ne s’agissait pas toujours d’attaques directes constantes, mais d’une rivalité symbolique entre deux conceptions de l’opéra.

 

Tensions avec Geraldine Farrar : À Chicago et au Metropolitan Opera, la rivalité fut plus concrète. Farrar était une immense vedette américaine, très populaire. Garden, lorsqu’elle prit la direction artistique de la Chicago Opera Association, eut des relations compliquées avec plusieurs chanteurs vedettes. Les deux sopranos défendaient un jeu scénique intense, mais leurs personnalités fortes rendaient la coexistence difficile. La rivalité relevait autant de la politique interne des maisons d’opéra que de l’art lui-même.

 

Rivalités indirectes avec les grandes « divas » internationales, Emma Calvé et Luisa Tetrazzini : Ces cantatrices représentaient la tradition vocale spectaculaire que Garden ne cherchait pas à imiter. Elle s’inscrivait dans une esthétique plus symboliste et moderne, notamment avec Pelléas et Mélisande de Claude Debussy.

 

Plus qu’une « guerre de divas » permanente, la rivalité autour de Mary Garden traduisait une opposition entre chant virtuose traditionnel et interprétation dramatique moderne, un changement d’époque dans l’esthétique lyrique, a montée d’une génération d’artistes plus théâtrales et psychologiques. Garden était connue pour ses opinions tranchées et ses mémoires contiennent des jugements parfois sévères sur ses contemporaines — ce qui a contribué à forger sa réputation de diva combative.