Le 17 novembre 1888, il y a 137 ans aujourd’hui, était créé à Saint-Pétersbourg, la Symphonie n°5 de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
La Symphonie n°5 en mi mineur, op. 64 de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1888) est aujourd’hui l’une de ses œuvres les plus jouées. Toute la symphonie est unifiée par un motif sombre, souvent appelé “leitmotiv du destin”. Ses spécificités sont sa cohérence structurelle (le même motif réapparaît dans les 4 mouvements), sa transformation expressive (Tchaïkovski passe de la résignation à la lutte, puis au triomphe final en mode majeur), sa narrativité très forte (Tchaïkovski crée une dramaturgie quasi opératique).
La 5e symphonie ose l’hyperexpressivité romantique : mélodies vastes et lyriques, typiques du compositeur ; contrastes émotionnels saisissants, élégie, passion, tension, héroïsme ; musique qui “raconte” une lutte intérieure, souvent interprétée comme autobiographique. Les qualités orchestrales sont puissantes : écriture brillante pour les cuivres (notamment le cor dans le 2e mouvement) ; cordes chaudes et amples, portées par de longues phrases mélodiques ; usage très coloré des bois, donnant relief et variété ; final très grandiose, presque théâtral, qui exploite la puissance de l’orchestre.
Tchaïkovski respecte la forme symphonique traditionnelle (forme sonate, scherzo, final), mais il y injecte un lyrisme très personnel, presque musicalement “vocal” ; il privilégie la continuité émotionnelle plutôt que la rigueur formelle allemande ; il développe une architecture cyclique, plus rare dans ses œuvres symphoniques précédentes. Le deuxième mouvement est parmi les plus beaux du répertoire. Le célèbre solo de cor introduit un mouvement noble, ample, profondément lyrique, traversé d’épisodes dramatiques d’une grande tension. Beaucoup de chefs considèrent cet Adagio comme un sommet du romantisme orchestral. La symphonie parcourt un arc psychologique : fatalisme sombre (1er mouvement), esprit de consolation et d’amour (2e), élégance et mystère (valse du 3e mouvement), affirmation triomphale (final). Cette trajectoire narrative contribue à la popularité durable de l’œuvre.
Piotr Tchaikovsky - Symphony No. 5 in E Minor Op. 64
00:00 I Andante: Allegro con anima 15:04 II Andante cantabile, con alcuna licenza 27:31 III Valse: Allegro moderato 33:24 IV Finale: Andante maestoso - Allegro vivace
West-Eastern Divan Orchestra
Daniel Barenboim – conductor
Piotr Tchaikovsky - Symphony No. 5 in E Minor Op. 64
0:00 Mvt I 15:05 Mvt II 28:31 Mvt III 34:54 Mvt IV
Orchestre Philharmonique de Berlin
Herbert von Karajan, conductor
1973
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