Le 18 mai 1914, il y a 112 ans aujourd’hui, naissait à Plovdiv, la basse bulgare, Boris Christoff.
Boris Christoff était considéré comme l’une des plus grandes basses du XXe siècle, particulièrement célèbre dans le répertoire russe et slave. Ses qualités étaient à la fois vocales, dramatiques et linguistiques. Il possédait une voix de basse très sombre, ample et puissante, avec un timbre immédiatement reconnaissable. Elle donnait une impression d’autorité naturelle, idéale pour les rôles de tsars, de moines ou de personnages tragiques, avec un grave très riche et résonant, une projection énorme, une couleur vocale presque “nocturne”. Il n’était pas seulement chanteur : il incarnait ses personnages avec une intensité psychologique remarquable. Dans des rôles comme Boris Godounov, il donnait une impression de puissance intérieure et de tragédie presque théâtrale. Beaucoup considèrent qu’il a été l’un des plus grands interprètes de ce rôle de toute l’histoire de l’opéra.
Boris Christoff accordait énormément d’importance aux mots. Sa prononciation du russe, du bulgare ou de l’italien était admirée pour sa clarté expressive. Même sans comprendre la langue, le public ressentait les intentions dramatiques. Il excellait particulièrement dans les œuvres de Modeste Moussorgski, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Alexandre Borodine, Sergueï Rachmaninov. Son interprétation des chants russes est encore aujourd’hui une référence pour beaucoup de basses. Il avait une présence imposante et une conception très personnelle des rôles. Cela pouvait parfois le rendre difficile dans le milieu lyrique, mais cela contribuait aussi à son aura légendaire.
Certains critiques estimaient que sa voix pouvait devenir rugueuse avec l’âge, que son chant privilégiait parfois l’expression dramatique au détriment de la pure beauté du legato, qu’il pouvait être excessif dans certains effets. Mais pour beaucoup d’amateurs d’opéra, cette intensité faisait précisément sa grandeur et c’est bien mon avis.
Boris Christoff a chanté « Boris Godounov » à l’opéra de Lyon au début des années 1960. Le chef d’orchestre programmé, Bruno Bogo (chef à l’opéra de Venise) n’ayant pu se déplacer, c’est Edmond Carrière, le chef titulaire de l’opéra de Lyon qui l’a remplacé au pied levé et je lui rends hommage, ici. Boris Christoff a chanté en Russe. Ses partenaires et les chœurs lui ont répondu en français. J’étais dans la fosse d’orchestre au poste de 2e trompette.
https://youtu.be/TrRJyx04fhE?si=A694oFCPL5WMwhrJ
Modest Moussorgsky, Boris Godounov
Boris Christoff---Boris, Varlaam, and Pimen
John Lanigan----Shuisky
Dimitr Ouzounov---Grigory/Dmitry
Anton Diakov---Rangoni
Evelyn Lear---Marina
Kiril Dulguero---Simpleton
Ana Alexieva---Fyodor
Chorus of the National Opera of Sofia
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
André Cluytens----direction
1963
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