23 juin 2026

première des « cinq pièces pour orchestre » d’anton webern, il y a 100 ans aujourd’hui



 

Le 23 juin 1926, il y a 100 ans aujourd’hui, étaient créées à Zurich, les « Cinq pièces pour orchestre » d’Anton Webern

 

Les Cinq pièces pour orchestre op. 10 d’Anton Webern (1911-1913) comptent parmi les œuvres les plus novatrices du début du XX siècle. Leur originalité ne tient pas seulement à leur langage atonal, mais surtout à une nouvelle conception du temps, de la forme et du timbre. Les cinq pièces durent ensemble à peine cinq minutes. Webern abandonne les développements traditionnels hérités du romantisme pour créer des miniatures musicales extrêmement concentrées. Chaque son paraît indispensable, sans répétition ni remplissage. Cette esthétique de l’aphorisme a souvent été comparée à celle du haïku. L’innovation la plus célèbre est l’usage de la Klangfarbenmelodie (« mélodie de timbres »), idée héritée de son maître Arnold Schoenberg. Une ligne musicale n’est plus confiée à un seul instrument : elle est fragmentée entre plusieurs instruments, de sorte que le changement de couleur sonore devient aussi important que les hauteurs des notes. Webern associe des instruments rarement réunis dans l’orchestre classique : mandoline, guitare, célesta, harmonium, cloches, xylophone, harpe, etc. L’orchestre est traité comme un laboratoire de couleurs sonores où chaque instrument intervient souvent seul ou en très petits groupes.  

L’œuvre appartient à la période de l’atonalité libre de Webern. Il n’y a plus de centre tonal ni de hiérarchie entre les notes. Cependant, ce n’est pas encore le dodécaphonisme que Webern adoptera plus tard : l’organisation repose davantage sur la concentration des motifs et des intervalles. Chez Webern, les silences ne séparent pas simplement les sons : ils font partie intégrante du discours musical. Les notes semblent surgir du silence puis y retourner. Cette écriture très dépouillée influencera profondément la musique d’après 1945, notamment Pierre Boulez et les compositeurs du sérialisme intégral. 

 



Anton Webern Cinq Pièces, op. 10 pour orchestre

 

Ensemble intercontemporain

Matthias Pintscher, direction

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cinq_pièces_pour_orchestre_(Webern)

 

20 juin 2026

la mezzo-soprano française, hélène bouvier, aurait 121 ans aujourd’hui

  



 

Le 20 juin 1905, il y a 121 ans aujourd’hui, naissait à Paris, la mezzo-soprano Hélène Bouvier.

 

La réussite d’Hélène Bouvier s’explique par une combinaison assez rare de qualités vocales, artistiques et de circonstances historiques. Elle était particulièrement associée à l’opéra français. Sa voix de mezzo-soprano, avec des couleurs de contralto, possédait une grande richesse de timbre, une diction exemplaire et une capacité d’expression dramatique très appréciée dans des rôles comme Carmen, Dalila, Charlotte de Werther ou Geneviève de Pelléas et Mélisande. À une époque où l’on attendait des chanteurs qu’ils soient aussi des acteurs convaincants, elle excellait dans les personnages nobles, tragiques ou psychologiquement complexes. Ses interprétations de rôles wagnériens comme Fricka, Brangäne ou Ortrud étaient particulièrement admirées.

 

Après ses débuts à Nantes en 1930, elle chanta au prestigieux Teatro Colón puis à l’Opéra de Paris, à l’Opéra-Comique, à La Scala, à La Monnaie, ainsi qu’à Dresde, Leipzig et dans plusieurs festivals européens. Cette visibilité internationale a largement contribué à sa réputation. Elle ne s’est pas limitée aux œuvres du répertoire. Elle participa à des créations importantes de compositeurs du XXe siècle, notamment le Requiem de Maurice Duruflé et Bolivar de Darius Milhaud. Elle fut également remarquée dans Antigone d’Arthur Honegger et Œdipus Rex d’Igor Stravinsky. Après la Seconde Guerre mondiale, la France cherchait à remettre en valeur son patrimoine lyrique. Hélène Bouvier incarnait parfaitement l’« école française de chant » : élégance du style, clarté de la diction et intelligence musicale. Elle est ainsi devenue l’une des figures majeures de l’opéra français des années 1940 à 1960.  

 

Son succès fut immense dans le monde lyrique, mais sa notoriété actuelle est plus discrète parce que sa carrière s’est déroulée avant l’ère de la télévision et des enregistrements massifs. Elle a laissé des disques appréciés des mélomanes, notamment Samson et Dalila et L’Enfance du Christ, mais moins nombreux que ceux de certaines vedettes internationales de sa génération.  

 



Ravel's song-cycle to texts by Jules Renard sung by mezzo-soprano Hélène Bouvier and pianist Louis Saguer.

I. Le paon (The Peacock) Sans hâte et noblement 0:00

II. Le grillon (The Cricket) Placide 4:07

III. Le cygne (The Swan) Lent 7:00

IV. Le martin-pêcheur (The Kingfisher) On ne peut plus lent 10:40

V. La pintade (The Guinea Hen) Assez vite 13:12

 

Paris 1959

 



Camille Saint-Saëns, Samson et Dalila (1877) Mon coeur s'ouvre à ta voix

 

Hélène Bouvier, soprano

José Luccioni, tenore

 

Paris, 1951

 



Claude Debussy, Proses lyriques

I. "De rêve" 0:00 II. "De grève" 5:43 III. "De fleurs" 9:10 IV. "De soir" 14:39

 

Hélène Bouvier, mezzo-soprano

Jacqueline Brisson, piano.

 

Live 1957

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hélène_Bouvier

19 juin 2026

première du concerto pour piano d’andré jolivet, il y a 75 ans aujourd’hui


  


 

Le 19 juin 1951, il y a 75 ans aujourd’hui, était créé à Strasbourg, le Concerto pour piano d’André Jolivet.

 

Le Concerto pour piano d’André Jolivet tient surtout à son ambition de créer un langage musical inspiré de traditions extra-européennes sans les citer littéralement. Composé en 1949-1950, il mêle des éléments rythmiques et mélodiques venus de diverses cultures du monde à une écriture moderne très personnelle. Chaque mouvement évoque un univers différent — influences centrafricaines dans le premier, extrême-orientales dans le second, polynésiennes dans le troisième. Jolivet ne cherche pas le folklore pittoresque mais l’assimilation de principes rythmiques et modaux. Le concerto est animé par une énergie percussive et des pulsations souvent incantatoires, héritées de l’intérêt de Jolivet pour les fonctions magiques et rituelles de la musique. Plutôt que de suivre les modèles tonals traditionnels, l’œuvre utilise des modes libres qui produisent des couleurs harmoniques parfois rugueuses, ce qui choqua une partie du public lors de la création. Le piano n’est pas seulement un soliste brillant face à l’orchestre ; il participe à une vaste architecture sonore où les timbres et les rythmes jouent un rôle aussi important que la virtuosité.  

L’œuvre fut créée dans un climat de véritable scandale au Festival de Strasbourg en 1951 : sifflets, cris et polémiques accompagnèrent la première audition. Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des sommets de la production de Jolivet et comme une œuvre majeure du concerto français du XX siècle. Si vous l’écoutez, prêtez particulièrement attention au troisième mouvement, Allegro frenetico, où la puissance rythmique et le caractère presque cérémoniel de la musique apparaissent avec le plus d’évidence.

 



Concerto pour piano et orchestre - André Jolivet

1. Allegro deciso 2. Andante con moto 3. Allegro frenetico

Piano, Pascal Gallet

Orchestre philharmonique de l'Université nationale autonome du Mexique

Direction, Iván López Reynoso

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Concerto_pour_piano_de_Jolivet

03 juin 2026

le ténor américain, jan peerce, nous a quitté il y a 122 ans aujourd’hui


  


 

Le 3 juin 1904, il y a 122 ans aujourd’hui, naissait à New York, le ténor américain, Jan Peerce.

 

La principale spécificité de Jan Peerce était d’être un ténor à la fois héritier du bel canto et doté d’une émission très directe, brillante et robuste, avec une diction exceptionnellement claire. Contrairement à beaucoup de ténors héroïques de son époque, il n’avait pas une voix gigantesque, mais une projection remarquablement efficace et un aigu sûr qui lui permettaient de chanter aussi bien les opéras italiens que le répertoire français ou les œuvres de concert.  

 

Il fut également l’un des grands ténors du Metropolitan Opera au milieu du XX siècle, tout en restant très attaché à ses racines juives : il était célèbre pour ses interprétations de chants liturgiques hébraïques, qu’il enregistrait et chantait en concert parallèlement à sa carrière lyrique. Cette double carrière de vedette de l’opéra et de chantre du répertoire juif est assez unique parmi les grands ténors américains.

 

Les amateurs apprécient particulièrement chez lui la franchise de l’émission vocale, la luminosité du timbre, l’intelligibilité du texte, un style très naturel, peu affecté, une longévité vocale remarquable. 

 



Jan Peerce "Vesti la giubba" on The Ed Sullivan Show, August 16, 1959.

 



Act I excerpt & "Che gelida manina" from Puccini's "La bohème" sung by Jan Peerce (Rodolfo), Frank Valentino (Marcello), Nicola Moscona (Colline), George Cehanovsky (Schaunard), and Licia Albanese (Mimì). Arturo Toscanini conducts the NBC Symphony Orchestra.

 

February 3, 1946 radio broadcast from NBC Studio 8-H, New York,

 



Robert Merrill & Jan Peerce - Invano Alvaro [La forza del destino]