01 juillet 2026

le ténor français, jean giraudeau, aurait 110 ans aujourd’hui

  



 

Le 1e juillet 1916, il y a 110 ans aujourd’hui, naissait à Toulon le ténor français, Jean Giraudeau.

 

Jean Giraudeau est aujourd’hui un peu moins célèbre que certains de ses contemporains comme Alain Vanzo ou Léopold Simoneau, mais il fut l’un des piliers de l’art lyrique français de l’après-guerre. Sa carrière à l’Opéra-Comique et à l’Opéra de Paris a duré plus de vingt ans, et ses qualités étaient nombreuses.

 

Sa voix n’était ni immense ni spectaculaire. Elle se distinguait plutôt par : un timbre clair, lumineux et élégant ; une émission très naturelle, sans dureté ; une diction française exemplaire, chaque mot restant intelligible même dans les passages rapides ; une ligne de chant raffinée, privilégiant le legato et la musicalité. Le New Grove Dictionary of Opera le décrit d’ailleurs comme un ténor à la « voix lyrique » et un remarquable acteur. 

 

Avant de devenir chanteur, Giraudeau avait étudié le violoncelle, l’orgue et le droit. Cette solide formation transparaissait dans la précision rythmique, a justesse de l’intonation, un grand respect des partitions. Le journal Le Monde lui rendit hommage en le qualifiant d’« excellent technicien » et de « musicien soucieux de se renouveler ».  

Il ne se contentait pas de chanter : il incarnait véritablement ses personnages. Cette aptitude lui permit d’être aussi convaincant dans Lakmé (Gérald), Manon (Des Grieux), La Flûte enchantée (Tamino), que dans des œuvres modernes de Francis Poulenc, André Jolivet ou Emmanuel Bondeville. Son répertoire était immense : environ 135 rôles, un chiffre considérable. Il créa de nombreux opéras contemporains tout en interprétant le grand répertoire français, italien, allemand et russe. Peu de ténors français de son époque possédaient un éventail aussi vaste.  

Au-delà de sa carrière de chanteur, il fut professeur au Conservatoire de Paris, directeur de l’Opéra-Comique de 1968 à 1971, défenseur passionné de la création lyrique française. 

 

On peut aussi relever ce qui le distinguait de certains de ses collègues : sa voix n’avait pas le rayonnement héroïque d’un Guy Chauvet, elle ne possédait pas le velours d’un Alain Vanzo, ni l’éclat solaire d’un Nicolai Gedda. En revanche, il compensait largement ces limites par son intelligence musicale, sa culture, son élégance de style et une remarquable probité artistique.

 

Je crois que c’est cette dernière qualité qui résume le mieux Jean Giraudeau : il n’était peut-être pas une « voix de légende » au sens spectaculaire du terme, mais il était un artiste complet, d’une rare distinction, dont les enregistrements — notamment dans Les Troyens, L’Heure espagnole ou Les Mamelles de Tirésias — témoignent encore aujourd’hui d’un goût très sûr et d’un style authentiquement français.

 



Jean Giraudeau, "Des rayons de l'aurore" Barber of Seville

 



Jean Giraudeau, Tenor

Wolfgang Amadeus Mozart: DON GIOVANNI "Il mio tesoro intanto"

Conducted by Alexander Krannhals /

Recorded 1958

 



La Damnation de Faust Hector Berlioz

 

Faust- Jean Giraudeau

Margueritte- Genevieve

Moizan Méphistophélès- Henri Etcheverry

Orchestre national de la RTF, Paris 1953

Désiré Emile Inghelbrecht, conductor

 

1953

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudeau_(chanteur)

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