26 septembre 2026

charles munch aurait 135 ans aujourd’hui


  


 

Le 26 septembre 1891, il y a 135 ans aujourd’hui, naissait à Strasbourg le chef d’orchestre français, Charles Munch.

 

Charles Munch tint un rote déterminant dans la naissance de l’Orchestre de Paris: il n’en fut pas seulement le premier chef, mais véritablement le père fondateur sur le plan artistique. L’Orchestre lui-même le présente d’ailleurs comme son « fondateur » et considère qu’il lui donna dès l’origine une personnalité à la fois « élégante et énergique ».  

 

En 1967, la vieille Société des concerts du Conservatoire, fondée en 1828, disparaît. Dans le cadre de la politique musicale menée par André Malraux et Marcel Landowski, l’ambition est de créer à Paris un grand orchestre permanent capable de rivaliser avec les meilleures formations internationales. Le choix de Charles Munch, alors âgé de 75 ans et auréolé notamment de son immense prestige acquis à la tête du Boston Symphony Orchestra, donne immédiatement au projet une stature internationale. Munch accepte donc de reprendre une direction permanente alors qu’il avait quitté Boston quelques années auparavant. Son prestige facilite la constitution d’un ensemble de très haut niveau et, surtout, il imprime immédiatement à celui-ci une conception sonore : clarté, souplesse, spontanéité, puissance sans lourdeur — des qualités particulièrement adaptées au répertoire français. C’est lui qui dirige le tout premier concert de l’Orchestre de Paris, le 14 novembre 1967 au Théâtre des Champs-Élysées. Le programme est presque une profession de foi : Berlioz : Symphonie fantastique, Stravinski : Requiem Canticles (première audition française), Debussy : La Mer. Le choix de Berlioz et Debussy est particulièrement révélateur. Munch affirme ainsi que le nouvel orchestre doit posséder une identité française forte, sans pour autant se limiter au répertoire français : la présence du Stravinski le place immédiatement dans la musique du XXᵉ siècle. Le compte rendu de Jacques Lonchampt dans Le Monde est remarquable : il décrit déjà la limpidité des cordes, la qualité des bois et la plénitude de l’ensemble dans Berlioz, puis un Munch littéralement faisant corps avec l’orchestre dans La Mer. Autrement dit, dès son premier concert, l’Orchestre de Paris possède déjà un son et un tempérament reconnaissables.  

 

C’est peut-être là son apport le plus extraordinaire. L’orchestre vient à peine de naître que Munch l’emmène en tournée en Union soviétique, puis aux États-Unis. En une seule année, il contribue ainsi à faire connaître la nouvelle formation hors de France. L’Orchestre de Paris estime lui-même que Munch le « propulsa sur le devant de la scène internationale » grâce à ces tournées. Mais cette aventure est tragiquement courte. Pendant la tournée américaine, Charles Munch meurt dans son sommeil à Richmond, en Virginie, le 6 novembre 1968. Il n’a donc dirigé son nouvel orchestre qu’un peu moins d’un an. C’est précisément ce qui rend son rôle assez exceptionnel : Munch n’a pratiquement pas eu le temps de développer l’Orchestre de Paris, mais il lui a donné son acte de naissance, son prestige et une première identité sonore. Ses successeurs — Karajan, Solti puis surtout Barenboim — construiront sur ces fondations.

 



Claude Debussy, La Mer

De l'aube à midi sur la mer 00:00 Jeux de vagues 08:38 Dialogue du vent et de la mer 14:54

 

Boston Symphony Orchestra

Charles Munch, direction

 



J.Brahms's Symphony No.1 in C minor Op.68

00:00 Movement 1: Un poco sostenuto — Allegro – Meno allegro 14:41 Movement 2: Andante sostenuto 24:32 Movement 3: Un poco allegretto e grazioso 29:38 Movement 4: Adagio — Più andante — Allegro non troppo, ma con brio – Più allegro

 

Orchestre de Paris

Charles Munch, direction

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Munch

25 septembre 2026

jean-philippe rameau aurait 343 ans aujourd’hui


  


 

Le 25 septembre 1683, il y a 343 ans aujourd’hui, naissait à Dijon, le compositeur et théoricien français, Jean-Philippe Rameau.

 

La théorie de l’harmonie de Jean-Philippe Rameau, exposée principalement dans son Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels (1722), est fondamentale. Il explique la musique non plus d’abord par la succession des mélodies, mais par les accords et les relations qui les unissent. L’idée essentielle : l’accord est premier. Pour Rameau, l’harmonie possède ses propres lois. L’unité fondamentale n’est plus seulement l’intervalle entre deux notes, mais l’accord, en particulier l’accord parfait construit par superposition de tierces.

 

Ainsi, à partir de do : do – mi – sol constitue un accord parfait majeur. Rameau considère que ces trois sons appartiennent à une même entité harmonique dont do est la fondamentale. C’est précisément la notion de basse fondamentale, l’une de ses grandes innovations. Même si l’on renverse l’accord : do–mi–sol / mi–sol–do / sol–do–mi, il s’agit toujours, pour Rameau, du même accord de do, parce que sa fondamentale reste do. Cette manière de penser est devenue tellement naturelle aujourd’hui qu’on oublie combien elle fut décisive.

 

Rameau comprend également qu’à l’intérieur d’une tonalité, tous les accords n’ont pas la même fonction. Trois degrés jouent un rôle privilégié. En do majeur : Sous-dominante : fa–la–do → Tonique : do–mi–sol → Dominante : sol–si–ré → Tonique : do–mi–sol. La tonique représente le centre et le repos ; la dominante crée une tension qui appelle fortement le retour vers la tonique ; la sous-dominante permet de s’en éloigner et participe à l’organisation du parcours tonal. C’est l’origine de ce que nous appelons aujourd’hui l’harmonie fonctionnelle : les accords ne sont pas seulement de belles combinaisons de sons, ils exercent une fonction les uns par rapport aux autres.

 

Avant lui, la théorie musicale était encore très largement héritière de la pensée contrapuntique : on expliquait la musique par la manière dont plusieurs lignes mélodiques se combinaient. Rameau renverse en quelque sorte la perspective : la musique peut être comprise comme une succession d’accords gouvernée par une basse fondamentale. Il tente en outre de montrer que cette harmonie repose sur des phénomènes naturels et acoustiques, notamment les rapports entre les sons. Ses explications scientifiques seront ensuite corrigées ou nuancées, mais son intuition structurelle demeure extrêmement féconde.

 

C’est pourquoi Rameau constitue un véritable pont entre le contrepoint ancien et la conception moderne de l’harmonie tonale. Une grande partie de ce que l’on enseigne encore aujourd’hui — fondamentale, renversements, accords de septième, dominante, relations tonales — porte directement ou indirectement son héritage. Et il y a un aspect particulièrement intéressant : Rameau permet d’expliquer pourquoi l’enchaînement dominante–tonique (V–I) donne une impression si forte de résolution. C’est probablement le meilleur exemple pour comprendre sa théorie concrètement.

 



Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes, opéra-ballet.

 

Lisette Oropesa (Hebe, Zima)

Goran Juric (Bellona)

Ana Quintans (Love, Zaire)

Tareq Nazmi (Osman, Ali)

Elsa Benoit as Emilie

Cyril Auvity (Valere, Tacmas)

Francois Lis (Huascar, Alvar)

Anna Prohaska (Phani, Fatime)

Mathias Vidal (Carlos, Damon)

John Moore (Adario)

 

Balthasar-Neumann-Chor (prepared by Detlef Bratschke)

Munchner Festspielorchester

Conductor: Ivor Bolton.

 



Jean-Philippe Rameau, Platée ou Junon jalouse, ballet-bouffon

 

Paul Agnew (haute-contre / Platée)

Mireille Delunsch (soprano / La Folie & Thalie)

Yann Beuron (tenor / Thespis & Mercure)

Vincent le Texier (baritone / Jupiter)

Doris Lamprecht (mezzo-soprano / Junon)

Laurent Naouri (baritone / Cithéron & Satyre)

Valérie Gabail (soprano / L'Amour & Clarine)

Franck Leguérinel (baritone / Momus)

 

Les Musiciens du Louvre

Marc Minkowski (conductor)

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Rameau

24 septembre 2026

jean-louis lully aurait 359 ans aujourd’hui

  



 

Le 24 septembre 1667,  il y a 359 ans aujourd’hui, naissait à Paris, le fils de Jean-Baptiste Lully, Jean-Louis.

 

Le Lully célèbre est Jean-Baptiste et le contraste est frappant entre lui et son fils cadet Jean-Louis (1667-1688), même si nous connaissons beaucoup moins bien la personnalité de ce dernier, mort à seulement 21 ans. Lully père était un homme d’une énergie, d’une ambition et d’une autorité exceptionnelles. Parti d’une situation modeste, il réussit à conquérir la confiance de Louis XIV, à dominer la vie musicale française et à obtenir un quasi-monopole sur le théâtre lyrique. Les sources insistent sur sa vivacité, son sens de l’organisation, son ambition et son extraordinaire aptitude à manœuvrer dans le monde de la Cour. Jean-Louis se trouve dans une situation presque exactement inverse : il n’a rien à conquérir, mais tout à hériter. Né dans la famille du musicien le plus puissant de France, il reçoit après la mort de son père, en juin 1687, la charge de surintendant et compositeur de la Musique de la Chambre du roi. Il est même envisagé pour la direction de l’Opéra, mais sa jeunesse — vingt ans seulement — fait différer cette nomination. Il meurt l’année suivante, le 23 décembre 1688.

 

C’est pourquoi il faut être prudent sur la différence de caractère. Nous disposons de nombreux témoignages permettant de dessiner la personnalité du père ; nous n’avons pas de documentation comparable permettant d’affirmer que Jean-Louis était doux, timide, ambitieux ou autoritaire. Ce serait extrapoler. La différence est beaucoup plus nette.

 

Lully père est un fondateur. Il réalise une synthèse entre traditions italienne et française, transforme le récitatif pour l’adapter à la déclamation française, donne une nouvelle cohérence au ballet et à l’orchestre et, surtout, fixe avec Quinault le modèle de la tragédie lyrique française. Atys, Phaéton, Roland et Armide constituent l’aboutissement d’une esthétique personnelle qui dominera longtemps l’opéra français. Chez Jean-Louis, il est beaucoup plus difficile de discerner une personnalité musicale autonome. Son œuvre est très réduite et, surtout, largement collaborative. Zéphire et Flore (1688) est associé à Jean-Louis, à son frère Louis et à Pierre Vignon. Les sources musicologiques soulignent justement qu’il est difficile d’évaluer son talent personnel parce que plusieurs œuvres portant son nom résultent de collaborations. Et cela change complètement la comparaison : le père avait eu plus de trente années pour construire son langage ; Jean-Louis meurt alors qu’il commence à peine sa carrière.

 

Jean-Baptiste Lully est un homme qui crée lui-même sa position et son langage ; Jean-Louis est un jeune homme qui reçoit une position et un langage déjà constitués. Le père avait dû inventer le « système Lully » : esthétique, orchestre, récitatif, danse, théâtre, organisation institutionnelle et relations avec Louis XIV. Jean-Louis, lui, commence sa carrière à l’intérieur même de ce système, au moment où celui-ci est devenu presque une institution d’État. C’est d’ailleurs ce qui rend Jean-Louis assez fascinant : nous ne saurons jamais s’il serait devenu un simple continuateur de son père ou s’il aurait progressivement cherché à s’en affranchir. Sa mort à 21 ans intervient beaucoup trop tôt pour que sa musique puisse répondre à cette question.

 

On ne trouve aucun portrait, dessin ou gravure identifié de façon fiable comme représentant Jean-Louis Lully.

 



Prologue from the opera "Zéphire et Flore" by Jean-Baptiste Lully's sons, Jean-Louis and Louis de Lully.

 

1688

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Lully